Le remplacement de la viande sauvage par de la viande domestique pourrait détériorer l’alimentation des ménages pauvres dans certaines communautés forestières de République démocratique du Congo et du Cameroun, avertit un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Dans son rapport Des forêts pour l’alimentation : nourrir les populations, préserver la planète, publié en 2026, la FAO s’appuie sur une étude réalisée dans quatre communautés rurales des deux pays.
Parmi les enfants de moins de cinq ans étudiés, la viande sauvage et les poissons locaux représentaient en moyenne 74 % des aliments d’origine animale consommés pendant la saison des pluies et 61 % pendant la saison sèche.
Pour les enfants qui en consommaient, ces aliments fournissaient en moyenne 23 % des apports en protéines, 11 % des apports en fer, 14 % des apports en zinc et 57 % des apports en vitamine B12, toutes saisons et tous sites confondus.
Ces résultats mettent en évidence un dilemme entre la préservation de la biodiversité et la sécurité alimentaire. La chasse exerce une pression sur les espèces sauvages, mais la viande issue des forêts demeure une source de nutriments difficilement remplaçable pour certaines familles pauvres.
L’étude constate que les ménages les plus aisés donnent davantage de viande domestique à leurs enfants. En revanche, aucune relation statistiquement significative n’a été relevée entre le niveau de richesse et la consommation de viande sauvage ou de poissons d’eau douce locaux.
Ces aliments jouent ainsi un rôle d’égalisation alimentaire : ils permettent à des familles disposant de faibles revenus de fournir à leurs enfants des aliments d’origine animale riches en nutriments.
La FAO souligne en conséquence que les propositions visant à remplacer la viande sauvage par de la viande domestique pourraient, même si elles aboutissaient, nuire à l’alimentation des ménages les plus pauvres si aucune solution nutritionnelle accessible ne leur était proposée.
L’organisation ne recommande pas l’abandon des politiques de protection de la faune. Elle met plutôt en évidence la nécessité d’intégrer les besoins alimentaires des populations forestières dans les stratégies de conservation.
Les chiffres présentés regroupent les résultats des quatre communautés étudiées en RDC et au Cameroun. Le rapport ne fournit pas de données séparées pour chaque pays et ces résultats ne peuvent pas être généralisés à l’ensemble des populations congolaise et camerounaise.