Le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme en République démocratique du Congo (BCNUDH) a exprimé sa profonde tristesse à la suite du crash aérien survenu vendredi 25 septembre 2026 à Kenge, dans la province du Kwango, qui a coûté la vie à 17 personnes. Parmi les victimes figurent deux hauts responsables de la justice militaire congolaise : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, Premier Président de la Haute Cour Militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur Général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Dans un message diffusé sur son compte X, le BCNUDH rappelle les liens de collaboration entretenus avec les deux hauts responsables décédés, notamment dans les domaines de la justice et de la lutte contre l’impunité en République démocratique du Congo. Le Bureau conjoint des Nations Unies a également adressé ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’aux différentes institutions touchées par cette tragédie.
« Partenaires engagés dans la lutte contre l’impunité et la promotion de la justice en RDC, leur disparition constitue une perte immense pour le pays. Le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme en République démocratique du Congo (BCNUDH) adresse ses sincères condoléances aux familles endeuillées, aux FARDC, à la justice militaire, au Conseil supérieur de la magistrature et à tous leurs proches », indique le communiqué.
Cette disparition intervient alors que la justice militaire joue un rôle important dans les procédures judiciaires liées aux violations des droits humains et au respect du droit international humanitaire en République démocratique du Congo. Au premier semestre 2026, l’appui du BCNUDH et de la MONUSCO aux juridictions militaires a contribué à l’ouverture d’au moins 169 procédures judiciaires et à la condamnation de 96 personnes.
Le crash de Kenge a provoqué une vive émotion au sein des institutions congolaises. Une enquête judiciaire préliminaire a par ailleurs été ouverte afin d’établir les faits, les circonstances et les causes de l’accident. Sur instruction du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le gouvernement a annoncé que les drapeaux seront mis en berne sur toute l’étendue du territoire national à compter du lundi 28 septembre 2026 et jusqu’à l’inhumation des illustres disparus. Le gouvernement a également annoncé l’observation de trois jours de deuil national avant l’inhumation des illustres disparus
Dans un communiqué, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont confirmé la mort de ces deux officiers généraux, ainsi que celle de membres de la délégation et de l’équipage. Ils revenaient d’une mission de service effectuée à Kikwit, dans la province voisine du Kwilu. Les services de sécurité et les services techniques ont été chargés de déterminer les circonstances et les causes de l’accident, a indiqué le gouvernement provincial. Ils doivent également sécuriser le site, préserver les éléments utiles à l’enquête et faciliter l’identification des victimes.
Selon le président du conseil d’administration (PCA) de la Régie des voies aériennes (RVA), Tryphon Kin-kiey Mulumba, l’appareil, un Let-410 de la compagnie Tracep, immatriculé 9S-GUC et basé à Kinshasa-Ndolo, effectuait une rotation Ndolo-Kikwit-Ilebo-retour. L’appareil avait 16 personnes à bord, dont quatre membres d’équipage. Aucun survivant n’a été retrouvé. Parti de Kikwit à 11 h 45, il s’est écrasé vers 13 h 14 à Kenge alors qu’il faisait route vers Kinshasa. Il n’avait pas été coordonné au départ par Kikwit, et la tour de N’Djili n’a été prévenue qu’à 14 h 00 par Ndolo, précise Tryphon Kin-kiey Mulumba dans une publication sur son compte X.
La justice militaire congolaise perd ainsi deux de ses hauts responsables. Leur disparition intervient à un moment sensible pour cette institution, appelée à traiter plusieurs dossiers majeurs liés à la situation sécuritaire du pays.
Clément MUAMBA