Le gouvernement cherche à établir les responsabilités après le crash de Kenge. Dans une lettre datée du 25 septembre 2026, le jour même de l'accident, le vice-Premier ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, a saisi les directeurs généraux de l'Autorité de l'aviation civile (AAC/RDC) et de la Régie des voies aériennes (RVA SA).
Dans ce courrier référencé VPM/MTVCD/CAB/GMK/1929/2026, le ministre exige de chacun, « dès réception », deux éléments : l'état technique du Let 410 immatriculé 9S-GUC exploité par la compagnie TRACEP Congo, accompagné des renseignements sur son dernier contrôle de navigabilité, et les circonstances de l'accident survenu dans l'après-midi à Kenge, alors que l'appareil effectuait son vol retour de Kikwit vers Kinshasa.
Deux hauts gradés parmi les victimes
Le bilan est lourd. L'accident a fait 17 morts : 13 passagers et 4 membres d'équipage. Selon la présidence, les informations transmises par l'état-major des FARDC ont confirmé la mort des lieutenants généraux Mutombo Katalayi Tiende Joseph et Likulia Bakumi Lucien René, ainsi que de plusieurs autres membres de la délégation et de l'équipage. Le chef de l'État a instruit les autorités compétentes de mener une enquête approfondie pour établir les circonstances exactes et les causes de l'accident.
D'après le vice-gouverneur du Kwango, Rémy Saki, l'appareil a connu un problème technique entre Kikwit et Kinshasa et l'équipage a tenté un atterrissage d'urgence à Kenge. Il a précisé que l'avion cherchait à se poser sans y parvenir, a tourné à plusieurs reprises avant de s'écraser sur une parcelle inoccupée du quartier Manzaw, près de l'ancien aérodrome. Aucune victime n'a été signalée au sol.
TRACEP suspendue, l'aérodrome au cœur du débat
Au lendemain du drame, le ministre est allé plus loin. Samedi 26 septembre, Jean-Pierre Bemba a ordonné le retrait immédiat du certificat de transporteur aérien de TRACEP Congo Aviation, dont les activités sont suspendues sur l'ensemble du territoire. La décision est intervenue avant même la publication du rapport d'enquête du Bureau permanent d'enquêtes d'accidents et incidents d'aviation (BPEA), la compagnie venant de connaître deux crashs en deux mois.
La saisine de la RVA pose aussi la question de l'état de l'infrastructure. Selon des images satellites relayées par le site spécialisé AeroInside, l'aérodrome de Kenge n'est plus fonctionnel, d'après des sources locales, il aurait été désaffecté en 2023, et des rues et des maisons auraient été construites sur l'ancienne piste. Un point que les réponses attendues de l'AAC et de la RVA devront éclairer.