Malgré le faible nombre d’affrontements survenu en juillet dernier dans la province de l’Ituri, dans l’Est de la RDC, le septième mois de l’an 2026 est compté parmi les plus sanglants, avec 114 tueries attribuées aux Forces démocratiques et alliés (ADF), rapporte le Baromètre sécuritaire du Kivu.
Le document, consulté par ACTUALITE.CD, a d’abord recensé un total de 247 d’incidents sécuritaires dans les trois provinces en proie (Ituri, les Nord et Sud-Kivu) à l’insécurité, représentant une baisse drastique de 30 % par rapport à la moyenne mensuelle observée depuis octobre 2025. Mais cette diminution ne correspond pas avec « un record du nombre d’enlèvements, en hausse de 41 %, traduisant un déplacement de la violence des combats entre groupes armés vers les atteintes directes aux civils », poursuit le rapport.
Soulignant un mois de juillet avec très peu d’affrontements impliquant les ADF dans la province de l’Ituri, le Baromètre sécuritaire du Kivu note par contre une réintensification de leur violence létale contre les civils », le territoire de Mambasa étant désormais le principal foyer de l’activisme de ces assaillants pour avoir enregistré 49 des 114 tueries perpétrées durant le seul mois de juillet.
L’omniprésence des ADF dans les massacres
Au mois de juillet dernier, les combattants ADF ont été repérés presque partout où des cas de tuerie ont été signalés dans la province. A Mangina, Sayo Bapere, Mununzei, Nyapanda et Teturi, ces assaillants ont été impliqués dans la tuerie de plus d’une centaine de civils.
La thèse des « tueries en représailles aux opérations militaires » est de moins en moins soutenable. Depuis quelques semaines, les ADF massacrent davantage lorsque la pression directe sur eux est faible, et leurs tueries s’inscrivent dans des phases d’activisme où ils initient aussi les affrontements, indique le document.
Lors de la 10 205e séance du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée aux menaces terroristes, le weekend dernier, Kinshasa avait dénoncé la persistance des attaques des Forces démocratiques alliées (ADF) contre les populations civiles dans l’est de la RDC. Elle avait également alerté sur les liens entre terrorisme, criminalité transnationale organisée et exploitation illégale des ressources naturelles, ainsi que sur l’utilisation croissante des nouvelles technologies par les groupes terroristes.
Au même mois de juillet, le Baromètre sécuritaire du Kivu signalait l’expansion de ces terroristes dans les territoires de Watsa et de Wamba, dans la province du Haut-Uélé, dans le Nord de la RDC.
Samyr LUKOMBO