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Ituri : à l’approche de la rentrée scolaire, la peur d’Ebola freine les préparatifs à Bunia

Une vue du boulevard de Libération à Bunia

À moins de deux semaines de la rentrée scolaire fixée au 1er septembre, les préparatifs restent timides à Bunia, chef-lieu de l’Ituri. Trois mois et demi après la déclaration de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province, la peur du virus continue de peser sur les habitudes des familles et sur les activités commerciales liées à la rentrée.

Au marché central de Bunia, l’un des principaux lieux d’approvisionnement en fournitures scolaires, les étalages sont encore loin de connaître l’affluence habituelle à cette période de l’année. Uniformes, cahiers, sacs et autres effets scolaires sont pourtant disponibles, mais les parents tardent à effectuer leurs achats.

Pour certains, cette prudence s’explique à la fois par les difficultés économiques et par les inquiétudes sanitaires persistantes.

« Les préparatifs se font très timidement. Nous ne sommes pas encore prêts à envoyer les enfants à l’école tant que cette épidémie d’Ebola est présente », témoigne une mère rencontrée au marché central.

Cette inquiétude se répercute directement sur les commerçants spécialisés dans les fournitures scolaires. Alors qu’ils comptent traditionnellement sur la période précédant la rentrée pour réaliser une part importante de leur chiffre d’affaires, plusieurs disent constater une baisse de fréquentation. 

« La situation n’est pas bonne du tout. Beaucoup de gens ont peur d’acheter des uniformes à cause de l’épidémie. Les gens ont vraiment très peur », témoigne un vendeur.

Cette situation illustre l’un des effets indirects de l’épidémie sur la vie socio-économique à Bunia. Au-delà des préoccupations liées à la santé, Ebola affecte progressivement les comportements, les déplacements et les activités commerciales, alors que de nombreuses familles font déjà face à des difficultés financières.

Face à ces inquiétudes, les responsables du marché central appellent néanmoins les parents à ne pas suspendre leurs préparatifs scolaires, tout en insistant sur le respect des mesures de prévention.

Bahati Willy, administrateur du marché central de Bunia, affirme que les fournitures scolaires sont disponibles et encourage les vendeurs comme les acheteurs à maintenir les gestes barrières.

« Devant tout magasin, toute boutique, voire dans les étalages, il faut retrouver des robinets de lave-mains. Tout le monde doit être appliqué à cela », insiste-t-il.

Selon lui, la faible affluence observée actuellement ne signifie pas que la rentrée scolaire est remise en cause. Il estime que les parents pourraient progressivement accélérer leurs préparatifs à l’approche de la date officielle.

« On ne constate pas encore l’engouement des parents qui viennent acheter les objets scolaires, mais les articles sont disponibles pour tout le monde », explique Bahati Willy.

À ce stade, la rentrée scolaire reste annoncée pour le 1er septembre 2026 en Ituri, avec un renforcement des mesures de prévention et de surveillance sanitaire dans les établissements scolaires.

Pour les familles, l’enjeu est désormais de concilier la nécessité de reprendre normalement les activités scolaires avec la vigilance imposée par la persistance de l’épidémie.

La situation révèle surtout combien Ebola dépasse désormais le seul cadre sanitaire. Dans une ville où les familles doivent continuer à scolariser leurs enfants, travailler et commercer, la peur du virus constitue un facteur supplémentaire de ralentissement de la vie économique et sociale.

Alors que la rentrée approche, l’adhésion aux mesures de prévention, la circulation d’informations fiables et la confiance envers les services sanitaires apparaissent ainsi comme des éléments déterminants pour éviter que la crise sanitaire ne se transforme davantage en crise sociale et économique.

Freddy Upar, à Bunia