Le député national Théo Ngwabidje Kasi, élu d'Idjwi et ancien gouverneur du Sud-Kivu, a rendu publique, le 13 août, une contribution intitulée « Dialogue national : ma réflexion pour une paix durable, une cohésion nationale renforcée et une restauration effective de l'autorité de l'État ».
L'élu y salue l'initiative du président de la République, qu'il présente non comme un aveu de faiblesse, mais comme la volonté d'explorer toutes les voies pour mettre fin à une guerre menée depuis 2021 par les FARDC face à la rébellion de l'AFC/M23 soutenue par le Rwanda, un effort qui a mobilisé d'importants moyens financiers, diplomatiques et militaires. Il souligne qu'au-delà du lourd bilan humain, ce conflit mobilise des ressources qui pourraient autrement accélérer la transformation socio-économique du pays.
Rappelant que la RDC a connu « moult dialogues et accords » en trois décennies, souvent suivi d'une paix éphémère sans refermer le cycle des crises à l'Est, le député appelle à regarder au-delà du dialogue lui-même, vers une paix effective, en s'attaquant aux causes profondes plutôt qu'aux conséquences de la crise.
Il formule cinq priorités pour la réussite du processus : définir des objectifs clairs couvrant les dimensions politique, sécuritaire, économique et morale de la crise ; faire de la participation des principaux acteurs, y compris ceux qui influencent directement la crise sécuritaire, le premier indicateur de succès, en évitant de reproduire les consultations ayant précédé le Gouvernement Suminwa II, placer au centre le vécu quotidien des déplacés du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri ; considérer la paix comme un accélérateur du Programme présidentiel en six piliers, et anticiper l'après-dialogue par un calendrier, une institution responsable et un mécanisme de suivi.
L'élu met par ailleurs en garde contre plusieurs écueils : confondre dialogue et adhésion, fixer trop tôt des lignes rouges qui dissuaderaient les acteurs clés, ignorer le rapport de force réel, ou viser un accord exhaustif plutôt qu'un consensus « sur l'essentiel ». Il conclut que ce dialogue ne devra pas être jugé au nombre de concessions obtenues, mais à sa capacité à rapprocher durablement la RDC de la paix et du développement.