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RDC : Ensemble pour la République tient au dialogue national inclusif et promet de tirer les conséquences après le 15 août 

À l’approche du 15 août, la Coalition 64 (C64) maintient la pression en faveur de l’ouverture d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo. La plateforme de l’opposition considère cette date comme une échéance importante pour évaluer les avancées concrètes vers l’organisation de ce dialogue annoncé à la suite de la rencontre entre le chef de l'État Félix Tshisekedi et les responsables des confessions religieuses.

La C64 prévient qu’en l’absence d’évolution significative d’ici cette date, elle va tirer « toutes les conséquences politiques » de la situation et relancer ses manifestations citoyennes et pacifiques. Cette position a été exprimée mercredi 12 août à Kinshasa, devant la presse, par Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, l’un des partis membres de la Coalition 64.

Selon celui qui siège au Présidium de la C64 au nom de Moïse Katumbi Chapwe, le dialogue national pourrait également constituer une voie permettant de préserver l’ordre constitutionnel actuel, alors que la question d’une éventuelle modification de la Constitution alimente le débat politique en RDC.

« La finalité n'a pas changé. Il s'agit d'empêcher le renversement de l'ordre constitutionnel en vigueur dans notre pays. Pour y arriver, nous avons choisi une voie qui consiste à la mobilisation de notre peuple dans des manifestations pacifiques conformément à la Constitution et aux lois de la République », a déclaré Dieudonné Bolengetenge. 

Le responsable d’Ensemble pour la République estime toutefois que la mobilisation populaire n’est pas l’unique moyen de parvenir à cet objectif. Il évoque notamment la possibilité de recourir au dialogue national inclusif.

« Il y en a qui estiment qu'on peut également atteindre cet objectif par la voie d'un dialogue national inclusif. De notre lecture à nous, à la coalition, le dialogue pourrait être une voie d'obtenir par la négociation que l'ordre constitutionnel soit préservé, respecté dans sa forme actuelle », a-t-il expliqué. 

Pas d’appel automatique à manifester le 15 août

Dieudonné Bolengetenge a également tenu à clarifier la position de la Coalition 64 concernant la date du 15 août. Contrairement à certaines interprétations, cette date ne correspond pas, selon lui, à un appel automatique à descendre dans la rue.

« À l'approche de la date du 15 août, aucune de nos communications n'a annoncé que le 15 août, nous appelons le peuple à manifester. Non, nous avons dit, nous observons une trêve jusqu'au 15 août », a-t-il précisé. 

La coalition entend donc observer l’évolution de la situation avant de décider de la suite de son action.

« Si d'ici au 15 août, il n'y a pas d'avancée significative dans la voie qui conduit à l'organisation d'un dialogue, nous allons en tirer toutes les conséquences politiques et relancer nos manifestations citoyennes » a averti le secrétaire général d’Ensemble pour la République 

La C64 affirme renforcer son organisation

Interrogé sur l’état de santé de la Coalition 64, Dieudonné Bolengetenge s’est voulu rassurant. Il a notamment évoqué les dernières activités internes de la plateforme, destinées à renforcer son fonctionnement et à formaliser les règles communes entre ses composantes. Il a indiqué qu’une conférence des présidents s’était tenue samedi 8 août au siège du parti Envol. À l’issue de cette rencontre, les membres de la coalition ont adopté une charte ainsi qu’un code de bonne conduite.

" Je vous informe que samedi dernier, 8 août, nous avions une conférence des présidents, au siège d'Envol et, au terme de l'échange de cette journée-là, nous avons adopté notre charte. Nous avons adopté notre code de bonne conduite. Même le président Martin Fayulu de l'ECIDE qui est aujourd'hui, en déplacement, il a signé d'abord ce code avant de partir, parce que la vie de l'organisation continue", a-t-il fait savoir dans son intervention. 

Cette évolution, marquée par l'engagement ferme de Félix Tshisekedi en faveur de la convocation d'un dialogue national, intervient dans un contexte sociopolitique marqué par la recherche d’un consensus face à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, où Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23. Elle survient également dans un climat de fortes divergences autour du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. L’opposition accuse la majorité au pouvoir de vouloir changer la Constitution afin de permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite de deux mandats prévue par la loi fondamentale. De son côté, le pouvoir rejette ces accusations.

Cette nouvelle séquence politique intervient également alors que les initiatives diplomatiques en cours peinent à produire des résultats tangibles. Les accords de Washington, conclus sous l’égide des États-Unis d’Amérique pour tenter de rapprocher Kinshasa et Kigali, ainsi que le processus de Doha, conduit sous la médiation du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, n’ont pas encore permis d’améliorer significativement la situation sur le terrain. Malgré les nombreuses réunions et les efforts des médiateurs, les combats et les tensions persistent, tandis que les différentes parties continuent de s’accuser mutuellement de violer les engagements pris dans le cadre des processus de paix. 

Clément MUAMBA


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