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La RDC retrouve son plein droit de parole au sein de la SADC après la régularisation de ses arriérés

Ministre congolais de l'intégration régionale Floribert Anzuluni à la réunion du Conseil des ministres de la SADC

La République démocratique du Congo (RDC) a retrouvé son plein droit de participation au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). La décision a été prise lors de la réunion du Conseil des ministres de l’organisation, tenue ce mercredi 12 août à Durban, en Afrique du Sud, en prélude du 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement. Cette décision intervient après la levée des mesures restrictives qui privaient Kinshasa de son droit de parole au sein de l’organisation régionale depuis 2024.

Selon la cellule de communication du ministère congolais de l’Intégration régionale, le Conseil des ministres de la SADC a officiellement levé le régime de sanctions appliqué à la RDC en raison d’arriérés dans le paiement de ses contributions statutaires. Cette mesure marque ainsi le retour de la RDC au plein exercice de ses droits au sein de l’organisation, lui permettant notamment de participer aux réunions, consultations et processus décisionnels de la SADC et d’y défendre ses positions sur les principaux dossiers régionaux.

Une situation liée aux arriérés de contributions

D’après le cabinet du ministre de l’Intégration régionale, les restrictions imposées à la RDC remontaient à avril 2024. Elles faisaient suite au non-paiement de certaines contributions statutaires dues à la SADC. La suspension du droit de parole avait considérablement réduit la capacité de la RDC à participer aux échanges et aux mécanismes de décision de l’organisation. Kinshasa ne pouvait ainsi plus défendre pleinement ses intérêts dans les discussions portant notamment sur les questions politiques, sécuritaires, économiques et d’intégration régionale.

Le ministère de l’Intégration régionale affirme que la régularisation de cette situation financière a été menée malgré un contexte économique difficile, marqué notamment par les conséquences de la situation sécuritaire marquée par l'agression rwandaise via la rébellion de l'AFC/M23 dans l’Est du pays.

« Le paiement de ces arriérés est intervenu dans un contexte particulièrement difficile pour le pays, victime d’actes d’agression dont la gestion pèse sur les finances publiques. Néanmoins, consciente de l’importance stratégique de la SADC et forte de son engagement constant au sein de l’organisation, le Gouvernement congolais a tout mis en œuvre pour régulariser sa situation financière », indique le ministère

Le ministère de l’Intégration régionale présente la levée de ces sanctions comme l’aboutissement de plusieurs démarches entreprises auprès des autorités congolaises et des instances de la SADC. Depuis son entrée en fonction, rappelle la source citée, le ministre Floribert Anzuluni a fait de la régularisation de la situation de la RDC auprès des organisations régionales l’une de ses priorités.

Pour le ministère, le rétablissement des droits de la RDC constitue une avancée importante pour la diplomatie régionale congolaise. Kinshasa pourra désormais participer pleinement aux mécanismes de concertation et de prise de décision de la SADC. Cette nouvelle situation revêt une importance particulière au regard des enjeux sécuritaires dans l’Est de la RDC. Le pays pourra notamment prendre part aux discussions régionales consacrées à la recherche de solutions aux crises sécuritaires et renforcer sa coopération avec les autres États membres.

« Cette décision revêt une importance particulière dans le contexte actuel, notamment au regard des enjeux sécuritaires dans l’Est de la RDC. Elle permettra au pays de prendre pleinement part aux discussions et aux mécanismes régionaux de recherche de solutions, mais également de renforcer sa coopération avec les États membres de la SADC », souligne le ministère.

Un retour dans les mécanismes régionaux

Au-delà des questions sécuritaires, la reprise du droit de parole devrait également permettre à la RDC de mieux défendre ses intérêts dans les programmes économiques et les initiatives d’intégration portés par la SADC. Le gouvernement congolais entend ainsi utiliser ce retour au sein des mécanismes décisionnels de l’organisation pour renforcer les opportunités de coopération régionale et consolider la position de la RDC en Afrique australe. Cette décision intervient après plusieurs épisodes au cours desquels la RDC avait été privée de parole lors des réunions de la SADC.

Le 17 décembre 2025, lors d’un sommet extraordinaire consacré à la situation politique à Madagascar et organisé en visioconférence, le président Félix Tshisekedi s’était notamment vu refuser le droit de prendre la parole, selon des sources d'ACTUALITE.CD. Cette mesure avait été attribuée à des engagements financiers non honorés par la RDC, notamment concernant l’opérationnalisation de la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC), déployée en 2023-2024 pour soutenir les autorités congolaises face à l’activisme armé du M23 dans l’Est du pays. Le mandat de cette force régionale avait pris fin en mars 2025.

La RDC n’était par ailleurs pas le seul État concerné par ces restrictions. Les Seychelles et les Comores, également en retard dans le paiement de leurs contributions financières à la SADC, avaient eux aussi été privés de parole lors de cette réunion.

L’Afrique du Sud prend la présidence de la SADC

La réunion du Conseil des ministres de Durban a également été marquée par la passation de la présidence de cette instance. Le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, a officiellement pris la tête du Conseil des ministres de la SADC pour la période allant d’août 2026 à août 2027. Il succède à son homologue zimbabwéen, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, professeur docteur Amon Murwira. La cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire exécutif de la SADC, Elias M. Magosi, ainsi que de plusieurs représentants des États membres.

Le Conseil des ministres est chargé de superviser le fonctionnement et le développement de la SADC. Il veille également à la mise en œuvre des politiques, stratégies et programmes de l’organisation et joue un rôle consultatif auprès des chefs d’État et de gouvernement sur les questions de politique régionale.

La réunion de Durban ouvre ainsi la voie au 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, qui doit notamment permettre aux dirigeants de la région d’examiner les principaux enjeux politiques, sécuritaires et économiques auxquels fait face l’Afrique australe.

Clément MUAMBA