La Salama Women’s Institute (SAWI), en collaboration avec le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (Cafco), a célébré, ce jeudi 6 juin, la 4ᵉ édition de la Journée internationale de la femme africaine, placée cette année sous le thème « Femmes, paix et parité ».
Organisée sous le haut patronage de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette rencontre a permis de mettre en lumière la place des femmes dans les instances de prise de décision en République démocratique du Congo, vingt ans après l’inscription du principe de parité dans les instruments juridiques nationaux.
Prenant la parole, la présidente du Cafco, Grâce Lula, a souligné la nécessité pour la RDC de passer de l’engagement juridique à l’application effective de la loi sur la parité. Selon elle, la RDC a été l’un des premiers pays africains à inscrire ce principe dans ses instruments juridiques, mais le bilan reste mitigé, vingt ans plus tard.
« Madame la Première Ministre, j’ai saisi cette occasion pour faire une demande, car une journée qui ne demande rien n’est qu’une commémoration. Nous produirons, à l’issue de cette rencontre, un document de recommandations que nous transmettrons officiellement à votre cabinet. Il portera notamment sur les postes nominatifs, qui n’attendent ni réforme électorale ni prochain scrutin. Nous ne sollicitons pas une faveur : nous demandons l’application d’une loi que ce pays s’est donnée à lui-même », a-t-elle déclaré.
Grâce Lula a ainsi placé au centre des échanges la question de la représentation effective des femmes dans la vie politique et institutionnelle du pays.
« Elles ont gagné la loi. Ont-elles gagné le pouvoir ? C’est la seule question que nous posons aujourd’hui. Nous formulons une demande pour que l’histoire des femmes congolaises y trouve aussi sa place, au même titre que les autres. Nous ne sommes pas venues occuper une salle. Nous sommes venues déposer une histoire là où le pays garde la sienne », a-t-elle plaidé.
Prenant la parole à son tour, la cheffe du gouvernement a reconnu que, malgré les avancées enregistrées, le chemin vers une représentation équitable des femmes reste encore long. Judith Suminwa a notamment souligné que sa présence à la tête du gouvernement constitue une avancée historique, mais ne saurait, à elle seule, consacrer l’accomplissement de la parité.
S’adressant aux femmes et aux jeunes filles congolaises, la Première ministre a appelé à la reconnaissance et à la valorisation de leurs compétences, tout en rendant hommage aux pionnières qui ont porté le combat pour l’égalité et la parité en RDC.
« La parité connaît une avancée réelle dans notre pays et dans toute l’Afrique. […] La parité ne se résume pas à une simple question de chiffres. Elle exige au contraire que les compétences féminines soient reconnues, valorisées et placées au service de la République. La République a besoin de votre intelligence, de votre créativité, de votre génie, de votre engagement et de votre détermination », a-t-elle lancé.
La cérémonie a également été marquée par la projection en avant-première du documentaire « L’histoire de la parité en RDC », réalisé par Marie-Rose Tshite. Le film retrace le parcours des femmes ayant œuvré pour l’inscription du principe de parité dans la Constitution congolaise.
À travers des témoignages de femmes politiques, de militantes et de chercheuses, le documentaire revient sur les différentes stratégies ayant contribué à faire progresser la représentation des femmes en RDC.
La journée s’est clôturée par la remise de brevets de mérite aux pionnières de la parité en République démocratique du Congo, des distinctions signées par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.