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RDC : quelle place pour les femmes dans les décisions de paix et de sécurité ?

Thérèse Kayikwamba à Doha

La participation des femmes aux décisions liées à la paix et à la sécurité demeure un enjeu majeur en République démocratique du Congo. Réunis à Kinshasa dans le cadre du Sommet mondial des jeunes, les participants ont notamment réfléchi à la nécessité de renforcer la présence des femmes dans les espaces où se décident les politiques de sécurité, de gouvernance et de développement.

Organisé par la Synergie Mondiale des Jeunes pour la Consolidation de la Paix et de la Sécurité (SMJCPS), le Sommet avait pour thème : « Pour une paix durable dans le monde : positionner les jeunes et les femmes comme acteurs institutionnels des politiques de sécurité, de gouvernance et de développement ».

Durant deux jours, les échanges ont porté sur la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la participation des jeunes et des femmes aux processus décisionnels.

Pour Mervine Bope, participante au Sommet, la question ne se limite pas à faire participer les femmes aux rencontres consacrées à la paix. Leur présence doit leur permettre d’influencer les décisions.

Selon elle, les femmes disposent d’une expérience directe des réalités vécues dans les communautés affectées par les conflits. Leur implication peut ainsi contribuer à mieux prendre en compte les besoins des populations dans les politiques de paix et de sécurité.

Cette préoccupation rejoint l’approche de l’agenda « Femmes, paix et sécurité », qui vise notamment à renforcer la présence effective des femmes dans les mécanismes de paix et les espaces de décision.

En RDC, l’axe participation du Plan d’action national consacré à la résolution 1325 prévoit précisément de renforcer la présence des femmes dans les mécanismes de paix, les institutions de sécurité et les instances de décision.

Pour Musa Kasato, l’enjeu est également de créer les conditions permettant aux femmes de participer durablement aux processus de paix.

« Nous attendons des institutions qu’elles reconnaissent davantage l’expertise des femmes et leur donnent les moyens de participer aux processus de paix, de la prévention des conflits jusqu’au suivi des engagements pris. »

Cette participation suppose notamment un meilleur accès à l’information, aux espaces de dialogue et aux mécanismes institutionnels.

En août 2026, quelque 120 membres d’organisations de la société civile réunis à Goma, Bukavu, Beni, Bunia et Kinshasa avaient déjà appelé à une implication plus concrète des femmes dans le mécanisme de suivi du cessez-le-feu en RDC. Elles avaient notamment plaidé pour un rôle dans l’alerte précoce, la prévention des tensions, la remontée d’informations et la consolidation de la paix.

La question de la participation des femmes s’inscrit dans un cadre international plus large. Adoptée en 2000, la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies reconnaît le rôle des femmes dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que dans la consolidation de la paix.

En RDC, plusieurs initiatives cherchent à traduire cet engagement dans les politiques nationales. En 2025, un forum national avait notamment adopté une feuille de route pour promouvoir le genre, la paix et le développement durable. Parmi les recommandations figuraient le renforcement de la participation des femmes à la gouvernance locale et à la médiation ainsi que leur implication dans les processus de paix.

Plus récemment, la MONUSCO a également organisé, en juin 2026, une réflexion consacrée au rôle des femmes dans la réforme du secteur de la sécurité. L’objectif affiché était de permettre aux femmes de transformer les réalités du terrain et les alertes précoces en recommandations destinées aux décideurs.

De la consultation à l’influence

À Kinshasa, les discussions du Sommet posent ainsi une question centrale : quelle place accorder aux femmes dans les décisions qui engagent la paix et la sécurité du pays ?

Pour les participantes, leur rôle ne devrait pas se limiter à celui de bénéficiaires des politiques publiques ou de victimes des conflits. Elles souhaitent également être reconnues comme des actrices capables de contribuer à la prévention, à la médiation, au dialogue et à la reconstruction.

Le défi reste désormais de traduire cette reconnaissance en participation effective. Pour les femmes engagées dans les questions de paix et de sécurité, l’objectif est : être présentes à la table des décisions, mais surtout pouvoir y faire entendre leur voix et influencer les choix qui déterminent l’avenir du pays.