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Genocost: une mémoire construite entre reconnaissance timide et longue attente internationale

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Le mémorandum conjoint de la CAYP et de la LIDDFC met en lumière les nombreuses voix qui, depuis plus de quinze ans, ont exigé justice pour les victimes congolaises, sans qu'un mécanisme judiciaire spécifique n'ait jamais vu le jour.

Il rappelle notamment la pétition de 2010 signée par cinquante-deux rabbins anglais dans The Guardian, l'appel de 2013 de cinquante-deux personnalités féminines, dont Rama Yade, Roselyne Bachelot et Ingrid Betancourt, en faveur d'un tribunal pénal international, la visite à Bukavu de la première dame française Valérie Trierweiler et de la ministre Yamina Benguigui auprès des femmes violées soignées à l'hôpital de Panzi, ainsi que les plaidoyers répétés du docteur Denis Mukwege devant le Parlement européen.

Le texte présente également les qualifications juridiques applicables (génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre) au regard du droit international. Il s'appuie sur le rapport Mapping de l'ONU (2010) et sur des témoignages recueillis par Amnesty International documentant viols de masse, mutilations et recrutement d'enfants soldats dans l'est du pays entre 1996 et 2001.

Il rappelle enfin que la Cour internationale de justice a condamné l'Ouganda à verser 325 millions de dollars de réparations à la RDC pour le conflit de 1998-2003, tandis que le Rwanda continue de contester la compétence de la Cour dans une procédure distincte. Pour les rédacteurs du mémorandum, cette accumulation d'appels sans réponse judiciaire structurée illustre l'urgence d'une reconnaissance officielle du génocide congolais, condition préalable, selon eux, à toute réparation durable et à la lutte contre l'impunité.