Le président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, Aimé Boji Sangara, a pris part, du 6 au 11 juillet 2026, à la 51e Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), tenue dans la capitale camerounaise. À cette occasion, il a porté un message axé sur la défense de la souveraineté des États, le respect du droit international et la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Dans son intervention devant ses collègues parlementaires francophones, le président de la Chambre basse congolaise a rappelé que le respect de l’intégrité territoriale demeure un principe fondamental de l’ordre international. Pour Aimé Boji Sangara, la remise en cause de ces principes fragilise l’ensemble du système multilatéral fondé sur la Charte des Nations Unies.
« Le principe clé du multilatéralisme est celui de la souveraineté des États, indissociable de leur intégrité territoriale et de l’inviolabilité de leurs frontières. Ces principes ne sont ni négociables ni transigeables. Ils constituent le socle de la Charte des Nations Unies et le fondement même du multilatéralisme. Lorsqu’ils sont violés sans conséquence, c’est l’ensemble de l’ordre international qui se trouve fragilisé. La République démocratique du Congo en fait aujourd’hui la douloureuse expérience », a-t-il déclaré.
Évoquant la crise sécuritaire qui touche l’Est du pays, aggravée selon lui par l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23, le président de l’Assemblée nationale congolaise a dénoncé les conséquences humaines des conflits qui affectent plusieurs provinces. Il a également insisté sur les souffrances infligées aux populations civiles, notamment aux femmes et aux enfants, appelant la communauté internationale à une réponse plus ferme.
« Depuis trop longtemps, mon pays est victime d’une guerre d’agression dont les conséquences humanitaires sont parmi les plus tragiques de notre époque. Des millions de nos compatriotes vivent dans l’errance. Des millions de civils ont perdu la vie. Des femmes et des enfants continuent de subir des violences indicibles, tandis que des communautés entières sont privées de leur droit fondamental de vivre en paix sur leur propre terre. Cette tragédie est la conséquence d’une succession d’agressions contre la République démocratique du Congo par le Rwanda depuis trois décennies », a-t-il fait remarquer dans son discours.
Face à ce qu’il qualifie de tragédie, l’élu de Walungu estime que la communauté internationale ne peut se satisfaire de condamnations de principe ou d’une politique de « deux poids, deux mesures » face à la situation en République démocratique du Congo. Selon lui, un multilatéralisme crédible ne peut exister si les engagements internationaux sont constamment violés sans conséquence.
« Nous ne pouvons accepter que le Rwanda poursuive des opérations militaires sur le territoire de la République démocratique du Congo, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies qui exigent le respect de notre souveraineté, la cessation de tout soutien aux groupes armés et le retrait sans condition des forces rwandaises de notre territoire. Nous devons avoir le courage de dire avec clarté qu’il ne peut exister de multilatéralisme crédible si les engagements internationaux peuvent être violés impunément », a fait savoir Aimé Boji Sangara.
Le président de l’Assemblée nationale a également rappelé que la Francophonie repose sur des valeurs communes liées à la paix, à l’État de droit et à la solidarité entre les peuples. Dans son message, il a estimé que les institutions multilatérales doivent demeurer des espaces de défense des principes de justice et de souveraineté.
Il a enfin réaffirmé la volonté de la RDC de maintenir une politique de bon voisinage avec les pays de la région, sous l’impulsion du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« La Francophonie est une communauté de valeurs. Elle est fondée sur l’attachement à la paix, à l’État de droit, au respect de la dignité humaine et à la solidarité entre les peuples. C’est pourquoi notre Assemblée ne peut demeurer silencieuse lorsqu’un de ses États membres voit sa souveraineté violée et sa population exposée à une catastrophe humanitaire d’une telle ampleur. La République démocratique du Congo, sous le leadership du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a toujours prôné et pratiqué une politique de bon voisinage envers ses neuf voisins. D’une seule voix, chers collègues, disons haut et fort que nos institutions multilatérales ne peuvent devenir des tribunes qui protègent les agresseurs », a interpellé Aimé Boji Sangara dans son discours.
Cette grande rencontre de la diplomatie parlementaire francophone a rassemblé plus de 300 parlementaires issus de 42 sections représentant des parlements nationaux, infranationaux ainsi que des organisations interparlementaires de l’espace francophone. Organisée conjointement par la section camerounaise de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et l’APF, cette session s’est tenue au sein des institutions parlementaires du Cameroun, notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Pendant une semaine, les représentants francophones ont pris part aux travaux des commissions permanentes et des différents réseaux de l’APF. Les échanges ont porté sur les principaux défis auxquels est confronté l’espace francophone, notamment les enjeux politiques, démocratiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux.
Clément MUAMBA