RDC : trois ans après la mort de Cherubin Okende, Katumbi et Sesanga toujours dans l’attente de la justice pour l’ex-ministre des Transports

Photo de Chérubin Okende
Photo de Chérubin Okende

Ce lundi 13 juillet 2026 marque le troisième anniversaire de la mort tragique de Chérubin Okende Senga, ancien député national et ministre des Transports et voies de communication (avril 2021-décembre 2022), retrouvé mort dans sa jeep stationnée sur l’avenue des poids lourds dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Malgré le temps qui passe, la mémoire de cet homme d’État demeure vivante dans le cœur de ceux qui l’ont côtoyé.

Dans son message sur le réseau social X, l’opposant Moïse Katumbi, dont le défunt était proche et porte-parole de son parti Ensemble pour la République, a exprimé le sentiment d’une personne toujours hantée par la douleur et le souvenir de « la disparition brutale » de Chérubin Okende qui était, selon ses mots, « lâchement assassiné ». L’ancien gouverneur de la province du Katanga croit fermement qu’une justice pleine sera un jour rendue sur la mort de Cherubin Okende, laquelle avait nourri une vive controverse au sein de l’opinion.

« En attendant ce jour, ton martyre nourrit notre détermination. Nous poursuivons le combat pour l’avènement d’une République Démocratique du Congo ancrée dans l’État de droit et la démocratie. Ton courage continue de nous guider », écrit l’homme politique en exil.

Delly Sesanga, qui était son collègue député à l’Assemblée nationale, n’a pas manqué de commémorer cette date douloureuse. À travers une publication sur Facebook, l’opposant au régime Tshisekedi a rendu hommage à la mémoire de l’ancien membre de l’exécutif, dont il a salué l’héritage politique d’un « engagement infatigable » et du « courage qui demeurent inscrits dans nos cœurs ».

« Nous croyons que sa mort appellera justice », soutient le président du parti politique Envol.

Pour Laurent Onyemba, avocat de la famille Okende, cette dernière « attend toujours le procès et n’accepte pas le rapport du parquet » qui avait conclu à un cas de suicide après pratiquement 7 mois des enquêtes judiciaires. 

L’année dernière, alors que le défunt totalisait deux ans dans l’au-delà, sa fille, Frida Okende, avait, quant à elle, adressé une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi, dans laquelle elle exprimait sa douleur et son étonnement face à la conclusion judiciaire. Dans cette missive, elle plaidait pour une « justice, même tardive », en mémoire de son père, faisant foi aux valeurs de vérité et de justice qu’elle estimait incarner le chef de l’État, afin que ce dossier fasse l’objet « d’un regard nouveau, impartial et humain ».

Chérubin Okende, porte-parole et cadre du parti d’opposition Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a été retrouvé mort, ceinture de sécurité attachée, dans sa jeep stationnée sur l’avenue des Poids-Lourds, dans la commune de la Gombe, près du fleuve Congo. Sa veste et sa chemise blanche étaient ensanglantées, et un pistolet avait été découvert à ses côtés.
Quelques heures plus tôt, l’ancien député, attendu à la Cour constitutionnelle pour une déclaration de patrimoine, avait été porté disparu. Il était accompagné de son garde du corps.

Dans la même affaire, l’ancien ministre du Tourisme Modero Nsimba avait été poursuivi pour propagation de faux bruits, après la diffusion d’un audio controversé sur les réseaux sociaux. Cet enregistrement, qui lui est attribué, évoque le décès de Chérubin Okende et incrimine plusieurs individus proches du président Félix Tshisekedi, dont Christian et Jacques Tshisekedi, ainsi que Christian Ndaywel, un haut gradé des services de renseignement militaire, actuellement détenu à la prison militaire de Ndolo. Modero Nsimba avait été placé sous mandat d’arrêt provisoire à la prison centrale de Makala, avant d’en sortir le 13 août 2024.

Samyr LUKOMBO