1 an après sa béatification, Floribert Bwana Chui célébré : « son sacrifice résonne aujourd'hui dans l'Église universelle », affirme Mgr Willy Ngumbi

Messe du 1er anniversaire de la béatification de Floribert Bwana Chui
Messe du 1er anniversaire de béatification de Floribert Bwana Chui à Goma

Une messe marquant le premier anniversaire de la béatification du bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi, martyr de l'honnêteté et de l'intégrité morale, a été célébrée ce mercredi 8 juillet 2026 au sanctuaire d'adoration de Goma.

La célébration eucharistique a été présidée par monseigneur Willy Ngumbi Ngengele, évêque du diocèse de Goma, en présence du représentant de l'archevêque de Bukavu, de plusieurs prêtres, religieuses, des membres de la famille biologique du bienheureux Floribert Bwana Chui, ainsi que de plusieurs autorités, dont le coordonnateur politique de l'AFC/M23, Corneille Nangaa Yobeluo, le vice-gouverneur du Nord-Kivu, Willy Manzi Ngarambe, le maire de Goma, Désiré Ngabo Kisuba, et d'autres personnalités politiques et civiles.

Dans son homélie, tirée du livre de la Genèse, chapitre 40, en référence à l'exécution du boulanger de Pharaon, ainsi que de l'Évangile selon saint Matthieu, chapitre 14, évoquant la décapitation de Jean-Baptiste par le roi Hérode, Mgr Willy Ngumbi Ngengele a indiqué que ces passages montrent que l'autorité suprême appartient à Dieu et que ses desseins s'accomplissent malgré les injustices humaines.

Le prélat a établi un parallèle avec le parcours du bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi, fonctionnaire de l'Office congolais de contrôle (OCC), où il exerçait comme commissaire aux avaries à Goma. Selon lui, ce dernier demeure un modèle de fidélité à l'Évangile pour avoir choisi de sacrifier sa vie plutôt que de laisser entrer des denrées alimentaires avariées qui menaçaient la santé de la population. Son refus de la corruption a conduit à son assassinat, faisant de lui un martyr de la justice et un modèle de courage pour la jeunesse et pour l'Église.

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L'évêque de Goma a également souligné que le parcours de Floribert Bwana Chui est celui d'un jeune ordinaire devenu une référence spirituelle dans un contexte sociétal difficile. Il a estimé que son témoignage constitue un message de pardon, de paix, de réconciliation et de changement, rappelant que le bienheureux avait des raisons de renoncer face aux difficultés, mais qu'il a choisi de privilégier l'amour du prochain au prix de sa propre vie. Il a indiqué que cette célébration du premier anniversaire de sa mémoire liturgique s'inscrivait dans la continuité du processus de béatification engagé par ses prédécesseurs.

« Floribert Bwana Chui Bin Kositi, fonctionnaire à l'Office congolais de contrôle, où il était commissaire aux avaries à Goma, reste un modèle de fidélité à l'Évangile, car il a choisi de sacrifier sa vie plutôt que de laisser entrer des denrées alimentaires avariées qui menaçaient la santé de son peuple. Par son refus de la corruption, il est mort en martyr pour la justice et est devenu un modèle de courage pour la jeunesse et pour l'Église. En nous tournant vers le parcours de ce jeune, je vois une histoire ordinaire devenue un itinéraire spirituel hors du commun dans un contexte sociétal difficile. L'exemplarité de sa vie est un Évangile de pardon, de paix, de réconciliation et de changement dans notre situation où tout semble bloqué », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre :

« Le jeune Floribert Bwana Chui aurait eu des raisons de lâcher, compte tenu des circonstances et des ambitions qu'il nourrissait pour son avenir et celui de sa famille. Mais, hélas, seul l'amour du prochain a eu plus de prix que sa propre vie. En ce jour mémorable où notre Église locale célèbre le premier anniversaire de la mémoire liturgique du bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi, en communion avec mes prédécesseurs qui ont initié le processus de béatification, c'est une joie immense et une profonde action de grâce que d'être parmi vous en ce jour béni. Nous sommes réunis, comme vous le savez, pour célébrer la mémoire lumineuse du bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi, ce jeune contrôleur de douane de Goma, assassiné le 8 juillet 2007 pour avoir refusé l'inacceptable. Déclaré martyr de l'honnêteté et de l'intégrité morale, son sacrifice résonne aujourd'hui dans l'Église universelle », a-t-il affirmé.


À l'issue de la messe, une courte prière a été dirigée par Mgr Willy Ngumbi Ngengele, en présence des autorités politiques de l'AFC/M23. Elle s'est déroulée à l'intérieur du sanctuaire où reposent les reliques du bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi.

Né le 13 juin 1981 à Goma, Floribert Bwana Chui Bin Kositi a été assassiné dans la nuit du 7 au 8 juillet 2007 dans sa ville natale, à l'âge de 26 ans. Fonctionnaire congolais, douanier et membre engagé de la communauté de Sant'Egidio, il a été enlevé et tué pour avoir refusé de laisser entrer en République démocratique du Congo des denrées alimentaires avariées et pour avoir résisté à la corruption en refusant des pots-de-vin. L'Église catholique l'a reconnu comme martyr de l'honnêteté et de l'intégrité morale avant sa béatification, célébrée le 15 juin 2025.

Floribert Bwana Chui Bin Kositi est le quatrième bienheureux congolais. Avant lui, trois autres Congolais ont été béatifiés : sœur Anuarite Nengapeta du diocèse de Wamba (Haut-Uele), le laïc Isidore Bakanja de Mbandaka (Équateur) et l'abbé Albert Joubert du diocèse d'Uvira (Sud-Kivu), récemment béatifié avec trois missionnaires xavériens dans l'est de la République démocratique du Congo.

Josué Mutanava, à Goma