La tension remonte dans le sud du territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Depuis près d'une semaine, d'importants mouvements de renforts de la coalition rebelle AFC/M23 sont signalés sur plusieurs lignes de front, faisant craindre une reprise des affrontements dans cette partie de la province. Cette situation pousse déjà de nombreuses familles à quitter leurs villages pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres, d'après des sources.
La société civile locale indique que ces renforts comprennent des combattants ainsi que du matériel militaire, notamment des armes lourdes et des armes d'appui. Ce déploiement intervient quelques mois après le retrait partiel observé en mars dernier dans certaines localités du sud de Lubero, laissant penser à un changement de stratégie sur le terrain.
Les positions de l'AFC/M23 ont été renforcées notamment à Kitchombiro, Alimbongo, Mbingi dans le territoire de Lubero, Buleusa et Kateku dans le territoire de Walikale. Cette évolution alimente des inquiétudes des populations, qui redoutent une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire.
Le président de la société civile du territoire de Lubero, Muhindo Tafuteni, indique que ces mouvements militaires ont déjà provoqué des déplacements de population.
"Nous confirmons le renforcement des positions du M23 sur les lignes de front, notamment à Kitchombiro, Alimbongo, Mbingi, Buleusa et Kateku. Cela n'a pas manqué d'occasionner des mouvements de populations, qui se sont retrouvées soit à Kipese, à Alimbongo, et même à Kasugho. Le fait que l'on voit des militaires, que l'on attendait voir se retirer, renforcer de nouveau leurs positions laisse penser qu'il y aura probablement encore des affrontements", a déclaré à ACTUALITE.CD, Muhindo Tafuteni.
Des sources sécuritaires présentes dans la région confirment également le renforcement des positions de l'AFC/M23 dans le sud de Lubero. Elles restent toutefois prudentes quant aux intentions militaires de de la rébellion et ne se prononcent pas encore sur l'ampleur exacte de ces renforts ni sur ses objectifs.
En attendant, les déplacements de populations se poursuivent vers des centres comme Kipese, Alimbongo et Kasugho, où les ménages déplacés espèrent trouver davantage de sécurité. Cette nouvelle vague de déplacements risque d'aggraver une crise humanitaire déjà préoccupante dans cette partie du Nord-Kivu, où plusieurs communautés vivent depuis des mois au rythme des affrontements et de l'insécurité.