Mobondo : "Les armes récupérées matérialisent une menace neutralisée dans les localités autrefois sous la loi de terreur" affirme le VPM de la Défense

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Cérémonie de remise d’armes

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans ses efforts de restauration de la paix avec la cérémonie officielle de remise d’armes récupérées auprès d’ex-combattants Mobondo, organisée samedi 20 juin 2026 dans la partie Est de la capitale Kinshasa.

Au cours de cette cérémonie qualifiée par le gouvernement "d'historique" un important lot d’armes, comprenant notamment des fusils AK-47, des mitrailleuses et des munitions, a été remis au représentant du Chef d’état-major général des FARDC, le général-major Chicco Tshitambwe, commandant de la première zone de défense, par le Ministre délégué à la Défense chargé des Anciens Combattants, Éliezer Ntambwe.

Cette initiative concerne l’espace Grand Bandundu, le Kongo-Central et l’est de Kinshasa, des zones longtemps affectées par les violences attribuées au phénomène Mobondo. Elle s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à restaurer durablement l’autorité de l’État, à renforcer la sécurité des populations et à consolider la stabilité dans les territoires touchés par l’insécurité.

Présent à cette cérémonie, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Mwadianvita, a souligné la portée symbolique et stratégique de cette remise d’armes.

"La cérémonie de ce jour revêt un caractère particulier, elle est plus qu'une simple activité de récupération d'armes. Elle témoigne de la consolidation de la souveraineté, de la restauration de l'autorité de l'État et de la victoire sur les actions de déstabilisation de notre pays", a-t-il déclaré lors de son intervention.

Pour le responsable de la Défense nationale, les armes récupérées constituent la preuve concrète du recul de l’insécurité dans plusieurs localités autrefois sous l’emprise des groupes Mobondo.

"Les armes récupérées à ce jour constituent la matérialisation d'une menace neutralisée et d'une violence contenue dans certaines localités où le phénomène Mobondo avait imposé sa loi de terreur. La République démocratique du Congo, notre pays, vient de reprendre ses droits dans ces zones", a affirmé Guy Kabombo Mwadianvita.

Représentant la Première Ministre Judith Suminwa, le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a salué le choix des ex-combattants d’abandonner les armes pour rejoindre la voie de la paix.

"Cette journée consacrée à la remise officielle des armes par les ex-combattants Mobondo, dont le nom était devenu synonyme de la terreur et de mort, marque un changement significatif dans le cours de notre histoire que d'aucuns ne pouvaient encore imaginer", a-t-il déclaré.

Selon lui, le geste posé par les anciens combattants constitue un signal fort adressé à l’ensemble de la nation.

"En remettant ces armes à l'État, vous avez envoyé un message fort à notre peuple et au monde : celui du choix de la paix, de la stabilité et du développement", a-t-il souligné.

S’adressant directement aux membres du mouvement encore réticents à déposer les armes, Jacquemain Shabani a lancé un appel à rejoindre le processus de pacification engagé par les autorités.

"À vous, ex-combattants Mobondo, je suis persuadé que votre déclaration devant la Nation et le peuple congolais n'est pas un simple discours symbolique de parade, mais un consentement libre et volontaire qui vous engage non seulement vous-mêmes ici présents, mais également l'ensemble de tous ceux qui ont pris part à cette ignoble œuvre. Je lance un appel sincère : rejoignez le processus", a-t-il exhorté dans son message.

Le représentant de la Première Ministre a également réaffirmé la détermination du Gouvernement à poursuivre ses efforts pour garantir la sécurité et la cohésion nationale.

"L'avenir de notre nation se construit dans la paix, l'unité, le travail et le respect des institutions républicaines, et non dans la violence et l'isolement. Je réaffirme ici l'engagement du Gouvernement à restaurer l'autorité de l'État sur toute l'étendue du territoire national, à garantir la sécurité des populations et à promouvoir une paix inclusive au bénéfice de toutes les communautés", a-t-il souligné dans son discours.

Rappelons-le, du 12 juin 2022 au 12 juin 2026, quatre années se sont écoulées depuis le début de la crise sécuritaire liée au conflit Teke-Yaka, qui a par la suite dégénéré en une milice armée dénommée « Mobondo ». Cette appellation renvoie à des pratiques fétichistes censées neutraliser les effets des armes lors des affrontements, selon les récits dûment documentés depuis le début du conflit. Quatre ans plus tard, le bilan ne se limite pas à des milliers de morts, à des habitations détruites ou incendiées et à de nombreux déplacés. Il laisse également entrevoir une lueur d’espoir quant au retour de la paix.

Le déclic est intervenu au mois de janvier 2026, avec le déploiement d’une nouvelle mission de pacification par le Gouvernement central. Celle-ci est conduite par le ministre délégué à la Défense, chargé des Anciens combattants. Son objectif est de sensibiliser les miliciens afin de favoriser leur reddition, leur démobilisation, leur désarmement ainsi que leur réinsertion dans la société.

Clément MUAMBA