L'archidiocèse de Kinshasa a dénoncé samedi l'occupation sans autorisation de l'esplanade située devant l'archevêché par un groupe de militants se réclamant de la "Force du Progrès", qui y aurait installé des insignes de l'UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi, selon un communiqué de la Chancellerie diocésaine.
Les faits se seraient produits en fin de matinée samedi, indique le texte signé par l'abbé Clet-Clay Mamvemba, secrétaire-chancelier de l'archidiocèse.
Invités à quitter les lieux, les militants auraient proféré des injures et des menaces à l'encontre des autorités ecclésiastiques, selon la même source, qui n'apporte pas de précision sur leur nombre. La Police nationale congolaise (PNC) est intervenue et le calme a été rétabli, "aucun incident majeur" n'ayant été enregistré, précise le communiqué, qui remercie les services de sécurité pour leur "diligence".
L'archidiocèse qualifie cette occupation de "provocation inacceptable" et dénonce une "atteinte grave au droit de propriété" et à "la sacralité des lieux de culte". Le texte fait référence à une récente déclaration du clergé de Kinshasa sur "l'insécurité croissante" visant les paroisses et structures ecclésiales, et appelle les autorités politico-administratives et sécuritaires à garantir la protection des personnes et des biens. Il invite par ailleurs les fidèles catholiques "à la vigilance, au calme et à la prière".
Cet incident survient alors que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a tenu à Kinshasa, du 18 au 20 juin, une assemblée plénière extraordinaire consacrée à la situation sécuritaire et sociopolitique du pays. Dans le message diffusé à l'issue de cette rencontre, les évêques affirment que les manifestations de l'opposition sont "violemment réprimées par la police nationale en collaboration avec une milice d'un parti politique dénommée +Force du progrès+".
Cette caractérisation de la "Force du Progrès" comme milice, avancée par la CENCO, diffère de celle de l'archidiocèse de Kinshasa, qui évoque pour sa part des "militants" sans en préciser le statut. L'AFP n'a pas pu vérifier de manière indépendante la nature exacte de ce groupe ni l'existence d'une collaboration avec la police.
Dans le même message, les évêques de la CENCO se disent par ailleurs opposés à tout changement de la Constitution du 18 février 2006, estimant n'y voir "ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité", et appellent le président Tshisekedi à "honorer le serment" de respecter le texte constitutionnel.