Ebola en Ituri : quand une même famille perd plusieurs proches, le danger du déni refait surface

Photo d'illustration
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Derrière les chiffres de l'épidémie d'Ebola qui frappe l'Ituri se cachent des drames humains parfois bouleversants. Dans une famille de Bunia, trois membres proches ont récemment perdu la vie, illustrant la capacité du virus à décimer plusieurs générations lorsque les chaînes de transmission ne sont pas interrompues à temps.

Cette tragédie intervient alors que les équipes de riposte continuent d'alerter sur les conséquences du refus de certains malades d'être pris en charge dans les structures de santé, mais aussi sur la persistance de rumeurs attribuant encore la maladie à la sorcellerie ou à des causes mystiques.

Pour les spécialistes, ces croyances constituent aujourd'hui l'un des principaux obstacles à la lutte contre Ebola.

"Ebola n'est pas une malédiction, ni un mauvais sort. C'est une maladie virale qui se transmet par contact avec les liquides biologiques d'une personne infectée ou lors de la manipulation non sécurisée des corps des personnes décédées", rappellent régulièrement les autorités sanitaires.

Des familles entières exposées

Dans plusieurs zones touchées par l'épidémie, des cas de contamination au sein d'une même famille ont déjà été observés.

Les professionnels de santé expliquent que lorsqu'un malade est gardé à domicile sans prise en charge adaptée, les proches qui le soignent deviennent les premières personnes exposées au virus.

Le risque augmente davantage lors des veillées mortuaires et des funérailles où les contacts physiques avec le corps du défunt restent fréquents malgré les recommandations des équipes sanitaires.

Alors que l'Ituri demeure l'épicentre national de l'épidémie, plusieurs responsables de la riposte s'inquiètent du fait que certaines personnes continuent à nier l'existence de la maladie.

Ce déni pousse parfois des familles à cacher des malades, à refuser les dépistages ou à s'opposer au transfert des patients vers les centres de traitement Ebola.

Pourtant, les spécialistes rappellent que le dépistage est gratuit, tout comme la prise en charge des patients confirmés.

Plus le malade est orienté rapidement vers une structure spécialisée, plus ses chances de survie augmentent.

Une responsabilité collective

Face à l'évolution de l'épidémie, les autorités sanitaires appellent les communautés à renforcer les mesures d'hygiène, à signaler rapidement tout cas suspect et à collaborer avec les équipes de la riposte.

Le numéro vert 151 reste disponible gratuitement pour toute alerte ou demande d'assistance.

Au-delà des statistiques, chaque décès représente une famille plongée dans le deuil. La meilleure façon d'honorer la mémoire des victimes reste aujourd'hui d'empêcher que d'autres foyers connaissent la même souffrance.

Ebola existe. Ebola tue. Mais Ebola peut être vaincu lorsque les communautés acceptent le dépistage précoce, la prise en charge médicale et le respect des mesures de prévention.

Freddy Upar, à Bunia