L’épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l’Est de la République démocratique du Congo et en Ouganda sera au centre d’une réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine ce mardi 16 juin, sous la direction du président en exercice de l’organisation continentale, Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi. Cette réunion virtuelle intervient 30 jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, soit un mois.
Selon la présidence burundaise, qui a annoncé cette rencontre, les dirigeants africains examineront les efforts déployés par l’Union africaine dans le cadre de la riposte contre Ebola. Cette initiative intervient après une rencontre tenue lundi 15 juin 2026 à Bujumbura entre le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf et Évariste Ndayishimiye, consacrée notamment à la coordination des actions face à cette nouvelle urgence sanitaire.
" Son Excellence Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi et Président en exercice de l'Union africaine, a reçu en audience Ambassadeur Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine, en visite au Burundi dans le cadre de la réunion virtuelle de haut niveau convoquée par le Président de l'Union Africaine. Prévue ce 16 juin 2026 à partir du Palais Ntare Rushatsi, cette rencontre réunira en ligne les Chefs d’Etat et de gouvernement africains et les partenaires sur la flambée d’Ébola (maladie à virus Bundibugyo) afin de renforcer la coordination des efforts de riposte ", rapporte la présidence burundaise sur son compte X.
Lors de leur rencontre, indique un communiqué de la Commission de l’Union africaine, le président de la Commission de l’UA, le diplomate djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, a informé le président Évariste Ndayishimiye de l’évolution de la situation liée à l’épidémie d’Ebola sur le continent. Cette présentation s’est appuyée sur les évaluations et les données fournies par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), ainsi que sur les efforts de riposte engagés par les États membres affectés.
Selon la même source reprise sur le compte X de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf a également salué la solidarité exprimée à travers les contributions et le soutien apportés par les États membres de l’Union africaine et les partenaires internationaux dans la lutte contre cette épidémie.
Trente jours après la déclaration officielle de l’épidémie, des inquiétudes persistent du côté des partenaires de la RDC. À cette occasion, Médecins Sans Frontières (MSF) a exprimé ses préoccupations, appelant à une riposte à la hauteur de la crise sanitaire en cours. Du côté du gouvernement congolais, les autorités reconnaissent l’existence de plusieurs défis à relever dans la réponse. Elles mettent toutefois en avant les avancées enregistrées au cours de ce premier mois de riposte et réaffirment leur engagement à poursuivre les efforts afin de maîtriser et contenir l’épidémie, en s’appuyant notamment sur l’expérience acquise lors des 16 précédentes épidémies d’Ebola déjà maîtrisées par le pays.
Le 17 mai 2026, soit deux jours après la déclaration officielle de l'épidémie en RDC, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo, qui s'est propagée de la RDC vers l'Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC). Selon l'OMS, l'épidémie a connu une expansion géographique importante et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l'insuffisance des infrastructures sanitaires ainsi que les difficultés d'accès à certaines zones touchées par les conflits.
Clément MUAMBA