À Mongwalu, commune aurifère de l’Ituri devenue l’un des principaux foyers de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo dans l’est de la RDC, les structures de santé débordées tentent encore d’organiser la riposte.
Dans cette ville minière d’au moins 130 000 habitants selon les autorités locales, les centres d’isolement sont saturés et le futur centre de traitement Ebola n’est toujours pas construit.
“Il n’y a pas assez de places pour accueillir les malades”, explique à ACTUALITE.CD Jonathan Imbalapay, président de la société civile locale. “Certains malades traînent même par terre et nous nous débrouillons encore avec les moyens locaux”, ajoute-t-il.
Selon les autorités locales, plus de vingt personnes sont actuellement placées à l’isolement à l’hôpital général de Mongwalu.
Le bourgmestre de la commune, Israel Sesereki, affirme qu’un terrain a déjà été identifié près de l’hôpital général pour accueillir le futur centre de traitement Ebola.
Médecins Sans Frontières (MSF), la Croix-Rouge et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont commencé à déployer des équipes sur place ces derniers jours.
Mais les capacités restent limitées. 24 patients étaient hospitalisés jeudi dans le centre local.
À Mongwalu, l’épidémie a d’abord circulé dans un climat de rumeurs et de croyances mystiques autour des premiers décès, selon plusieurs acteurs locaux. Les premiers prélèvements réalisés localement étaient revenus négatifs avant que de nouveaux échantillons soient envoyés à Kinshasa.
Malgré l’épidémie, les marchés restent ouverts et les activités minières se poursuivent dans cette commune située à environ 80 kilomètres de Bunia.
Les autorités locales et la société civile disent toutefois observer une adoption progressive des mesures barrières. Dans les marchés, les écoles et les boutiques, des dispositifs de lavage des mains ont été installés, souvent par les habitants eux-mêmes.
L’épidémie actuelle de Bundibugyo a été officiellement déclarée le 15 mai par les autorités congolaises.