Le Comité international de la Croix-Rouge a exprimé son inquiétude face à la déclaration de la 17ème épidémie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, zone déjà en proie aux conflits armés et où le système de santé reste sous forte pression.
Dans un communiqué, mercredi, le directeur régional du CICR pour l’Afrique, Patrick Youssef, a annoncé qu’une réponse est en préparation pour soutenir les communautés affectées.
«Nous sommes profondément inquiets face à la nouvelle épidémie d’Ebola déclarée en République démocratique du Congo. Elle se développe en Ituri, une zone touchée par les conflits où le système de santé est déjà sous forte pression. Avec le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous préparons une réponse pour soutenir les communautés affectées», a-t-on lu sur la page officielle du CICR.
Avec plus de 130 cas de décès suspects et 600 cas suspects, les États-Unis d’Amérique et le Rwanda ont fermé leurs frontières aux ressortissants de la RDC et de l’Ouganda, frappés par Ebola Bundibugyo. L’Inde a annoncé ce jeudi un renforcement du dépistage dans ses aéroports face à l’épidémie qui frappe l’est de la République démocratique du Congo, tandis qu’un vol Air France reliant Paris à Detroit a été dérouté vers Montréal après qu’un passager congolais a été embarqué en violation des nouvelles restrictions américaines.
Ces mesures sont contestées par Africa CDC. Son directeur général Jean Kaseya, tout en reconnaissant le droit souverain de chaque gouvernement à protéger sa population, a estimé que les restrictions de voyage généralisées apportent souvent un bénéfice limité en santé publique tout en provoquant des conséquences économiques, humanitaires et opérationnelles importantes. Les mesures, a-t-il dit, doivent reposer sur les données scientifiques et le respect du Règlement sanitaire international.
Le ministre Congolais de la santé, Roger Kamba, avait fustigé la violation du règlement sanitaire international, qui insiste sur la libre circulation des personnes et des biens en cas d’épidémie.
Mais après l'Ituri, qui est considéré jusqu’à preuve du contraire comme l’épicentre d'Ebola Bundibugyo, les provinces des Nord et Sud-Kivu ont également enregistré des cas positifs. Sous contrôle de l’AFC/M23, la riposte dans ces coins du pays s’avère compliquée, Kinshasa ayant exigé le retrait des troupes rwandaises avant toute prise en charge du gouvernement.
Samyr LUKOMBO