Après Bulape, dans le centre du pays (Kasaï), la République démocratique du Congo fait désormais face à sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée officiellement le vendredi 15 mai 2026. L’épicentre de cette flambée est situé dans la province de l’Ituri et est causé par la souche Bundibugyo, pour laquelle, jusqu’à présent, il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique, selon plusieurs professionnels de santé publique.
Une situation qui a suscité une mobilisation tant au niveau continental qu’international. C’est dans ce contexte que le Département d’État américain, en étroite coordination avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), principal organisme de réponse du gouvernement américain, a réagi à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.
D’après un communiqué consulté par ACTUALITE.CD ce mercredi 20 mai, la priorité absolue du Département est la protection des citoyens américains et du territoire américain. Il travaille avec ses partenaires interministériels afin d’évacuer, pour traitement médical et/ou mise en quarantaine, tout citoyen américain touché.
Le Département travaille également, à travers ses services consulaires et de voyage, à la mise en œuvre de l’ordonnance du Titre 42 des CDC restreignant l’entrée des ressortissants étrangers, quelle que soit leur nationalité, ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours.
Le Département a émis des avis de voyage de niveau 4 actualisés pour ces trois pays : aucun citoyen américain ni résident permanent ne doit se rendre en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud, quel qu’en soit le motif. Les Américains doivent rester vigilants et suivre les recommandations des CDC en matière d’isolement et de quarantaine s’ils quittent la région.
Le Département a également pris les mesures suivantes pour soutenir la réponse interministérielle et internationale à cette épidémie :
Une réponse rapide et intégrée du gouvernement américain
Washington rappelle que quelques heures après la confirmation des cas, le Département d'État a activé une cellule de crise dédiée à la riposte à Ebola, mobilisant l'expertise de plusieurs de ses services : le Bureau de la sécurité sanitaire mondiale et de la diplomatie (GHSD), le Bureau de la réponse aux catastrophes et à l'aide humanitaire (DHR), le Bureau des affaires consulaires (CA), le Bureau des services médicaux (MED), les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), ainsi que d'autres partenaires interministériels. Selon le document, cette cellule est dirigée par deux experts de haut niveau ayant une expérience directe de la gestion des épidémies d'Ebola précédentes, notamment celles de 2014 et 2018, garantissant ainsi une réactivité opérationnelle immédiate et un leadership éprouvé.
Déploiement d’une équipe d’intervention en cas de catastrophe (DART)
Afin de renforcer la coordination sur le terrain, le Département déploie une équipe DART en RDC pour appuyer la coordination avec les autorités locales et les partenaires humanitaires. Parallèlement, des experts américains en santé mondiale sont déployés conjointement avec leurs homologues des CDC afin d'accélérer la planification intégrée, le partage d'informations et la mise en œuvre des interventions au sein du gouvernement américain.
Aide humanitaire et sanitaire renforcée
Le Département d'État met à profit ses capacités accrues d'assistance étrangère pour garantir une riposte sur le terrain pleinement dotée en ressources, rapide et coordonnée entre les principaux partenaires mondiaux de la santé et de l'aide humanitaire.
"Les personnels de santé et humanitaires se rendant en première ligne doivent savoir que les États-Unis les soutiennent et mobilisent rapidement toutes les ressources disponibles pour appuyer les intervenants et les efforts de riposte" rassurent les États-Unis d'Amérique
Au cours du week-end, rappelle le document, le Département d'État a débloqué une première tranche de 23 millions de dollars d'aide étrangère bilatérale afin de renforcer immédiatement la riposte de chaque pays, notamment en matière de surveillance, de capacités de laboratoire, de communication des risques, d'inhumation sécurisée, de contrôle aux entrées et sorties du territoire et de prise en charge clinique des cas.
"Les États-Unis ont annoncé un engagement global à soutenir rapidement la riposte en finançant la mise en place de 50 centres de traitement et la prise en charge des coûts associés en première ligne dans les régions touchées par Ebola en RDC et en Ouganda. Ces cliniques déployées rapidement permettront aux partenaires de mise en œuvre d'établir des périmètres de soins et de confinement autour des zones touchées. Elles assureront le dépistage d'urgence, le triage et l'isolement des patients atteints d'Ebola" précise le Département d'État
Renforcement des capacités de détection précoce et de réponse
Par ailleurs, le document précise que les États-Unis fournissent des ressources préventives essentielles aux pays touchés, notamment une assistance pour les dépistages sanitaires aux frontières et aux points d'entrée, et ont expédié des lots initiaux d'équipements de protection individuelle (EPI) d'urgence provenant des stocks disponibles.
Mesures décisives pour protéger les citoyens américains
D'après le document, la protection des Américains demeure la priorité absolue du Département d'État.
"Nous encourageons tous les Américains voyageant ou résidant à l'étranger à s'inscrire au Programme d'inscription des voyageurs (STEP.state.gov) afin de recevoir des mises à jour importantes en matière de sécurité et de faciliter la prise de contact avec l'ambassade ou le consulat américain en cas d'urgence ou de crise. Les ambassades américaines en RDC, en Ouganda et au Soudan du Sud restent opérationnelles et continuent de fournir des services aux citoyens américains"recommande le Département d'État américain
En coordination avec les CDC et les partenaires interministériels, les États-Unis disent avoir mis en œuvre des mesures immédiates relatives aux voyages et à la santé publique, notamment en vertu du Titre 42 et par le biais de mesures consulaires, tout en continuant de soutenir les efforts internationaux de confinement. Selon Washington, les Américains doivent rester vigilants et suivre les recommandations des CDC concernant l'isolement et la quarantaine s'ils quittent la région.
Le Département dit coordonner ses actions avec les entreprises américaines et celles qui leur sont alliées opérant dans l'est de la RDC afin de soutenir les efforts de détection et de riposte aux épidémies dans ces zones reculées. Le Département promet de continuer de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements hôtes, les partenaires internationaux et les acteurs du secteur privé américain afin d'harmoniser les efforts de riposte et de soutenir les chaînes logistiques et d'approvisionnement essentielles. Sous l'égide du GHSD et du DHR, le Département déploie une réponse diplomatique et humanitaire pleinement intégrée pour contenir l'épidémie et sauver des vies.
Vingt-quatre heures après sa déclaration officielle comme 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Selon le communiqué rendu public samedi 16 mai 2026, le directeur général de l’OMS a fondé cette décision sur plusieurs éléments, notamment le taux élevé de positivité des premiers échantillons testés, la propagation déjà documentée au-delà des frontières congolaises ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche spécifique. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cette épidémie ne remplit cependant pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.
Cette épidémie de maladie à virus Ebola survient dans une zone du pays marquée par de graves violences contre les populations civiles, attribuées aux rebelles des ADF, qui continuent de semer la désolation parmi les civils malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et les forces ougandaises. À cela s’ajoute l’activisme de plusieurs milices locales, notamment la CODECO, le groupe Zaïre, la CRP et d’autres. Cette situation fragilise davantage le contexte humanitaire dans cette partie de la RDC et entraîne des déplacements massifs des populations civiles
Clément MUAMBA