Les États-Unis réagissent à l’épidémie d’Ebola en cours en Afrique, plus précisément dans l’Est de la République démocratique du Congo et en Ouganda. Dans un communiqué ce lundi 18 mai, le Département d’État américain a révélé qu’après la confirmation des cas, il avait mobilisé ses capacités de réponse aux épidémies et d’assistance humanitaire afin de mettre en place une cellule de coordination interministérielle ainsi qu’un système de gestion des incidents à Washington.
Selon Washington, les ambassades américaines en RDC, au Rwanda, au Soudan du Sud et en Ouganda ont rejoint ce dispositif et créé des équipes de suivi chargées de contrôler l’évolution de la situation et de communiquer avec les citoyens américains présents dans la région. Le même communiqué précise également que le Département d’État organise une réunion quotidienne de haut niveau afin de garantir que la réponse à cette crise demeure une priorité absolue.
"Dans les 48 heures, le Département a activé un plan d'intervention et mobilisé une première tranche de 13 millions de dollars d'aide étrangère pour les efforts de réponse immédiate. Ce financement renforce la réponse de chaque pays, en soutenant la surveillance, les capacités des laboratoires, la communication des risques, les inhumations sécurisées, le contrôle aux entrées et sorties du territoire et la prise en charge clinique des cas. Le Département s'apprête à annoncer un financement bilatéral supplémentaire pour la réponse à l'épidémie et l'aide humanitaire, à mesure qu'il recueille des informations complémentaires sur l'ampleur de l'épidémie. Ce financement additionnel s'appuie sur les investissements américains dans la surveillance des maladies et la détection des épidémies, ainsi que sur les efforts de réponse déployés dans le cadre des protocoles d'accord bilatéraux en matière de santé signés avec la RDC et l’Ouganda dans le cadre de la stratégie de santé mondiale « L’Amérique d’abord »", dit le Département d'Etat américain.
Dans le même temps, les États-Unis d’Amérique affirment tirer parti de l’investissement " historique " du Département dans les fonds communs d’OCHA pour la RDC et l’Ouganda, afin d’assurer le déploiement rapide d’une aide humanitaire supplémentaire sur le terrain ainsi qu’une coordination étroite avec le système des Nations Unies.
La direction du Département s’est entretenue avec les responsables du Secrétariat de l’ONU ainsi qu’avec les coordinateurs humanitaires et résidents locaux des pays touchés. Le Département indique également piloter les efforts de coordination des donateurs dans les capitales régionales, en étroite collaboration avec Union européenne, le Royaume-Uni et d’autres partenaires internationaux, afin de garantir une réponse coordonnée et efficace.
"Notre annonce du 14 mai Sur les 1,8 milliard de dollars de financement supplémentaire alloués aux fonds communs d'OCHA, 250 millions de dollars sont destinés à la RDC et à l'Ouganda, pays que le Département considère comme prioritaires pour des actions de financement imminentes afin de fournir les ressources nécessaires à la réponse humanitaire et à la lutte contre les épidémies dans les deux pays", précise le communiqué du Département d'Etat.
Par ailleurs, le Département d’État américain souligne que le leadership des États-Unis demeure indispensable pour faire face aux menaces sanitaires mondiales. Selon le Département d’État, les États-Unis continueront de protéger leurs citoyens, de soutenir les communautés touchées et de mobiliser la communauté internationale afin d’endiguer cette épidémie de manière rapide, résolue et efficace.
"Notre priorité absolue a été d'assurer la sécurité des Américains à l'étranger et la protection du territoire américain. La cellule de coordination du Département a travaillé en étroite collaboration pour mettre à jour les conseils aux voyageurs afin de refléter la situation sur le terrain et de fournir aux citoyens américains des informations et des recommandations sur les risques liés aux voyages. Le Département a également collaboré étroitement avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) pour la publication du décret du 18 mai relatif au Titre 42. Un décret interdit l'entrée aux États-Unis aux ressortissants étrangers ayant séjourné en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda et au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours".
Et d'ajouter :
"Le Département d'État collabore avec le Département de la Sécurité intérieure (DHS) à la mise en œuvre de ce décret et de toute future directive du CDC relative à la quarantaine et à l'isolement à l'échelle mondiale. Nous travaillons également en étroite collaboration avec le CDC et l'armée américaine concernant le rapatriement potentiel des citoyens américains concernés, en fonction de l'évaluation de leur exposition et de leurs besoins de santé".
Vingt-quatre heures après sa déclaration officielle comme 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Selon le communiqué rendu public samedi 16 mai 2026, le directeur général de l’OMS a fondé cette décision sur plusieurs éléments, notamment le taux élevé de positivité des premiers échantillons testés, la propagation déjà documentée au-delà des frontières congolaises ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche spécifique. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cette épidémie ne remplit cependant pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.
Cette épidémie de maladie à virus Ebola survient dans une zone du pays marquée par de graves violences contre les populations civiles, attribuées aux rebelles des ADF, qui continuent de semer la désolation parmi les civils malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et les forces ougandaises. À cela s’ajoute l’activisme de plusieurs milices locales, notamment la CODECO, le groupe Zaïre, la CRP et d’autres. Cette situation fragilise davantage le contexte humanitaire dans cette partie de la RDC et entraîne des déplacements massifs de populations.
Clément MUAMBA