Ebola : port de masque, usage de désinfectant, salutation à distance par peur de contamination, les habitudes changent progressivement à Bunia

Boulevard de Libération à Bunia
Boulevard de Libération à Bunia

Depuis la déclaration de la maladie à virus Ebola en Ituri, la ville de Bunia vit progressivement au rythme des mesures de prévention et de peur de la contamination. Dans plusieurs espaces publics, les habitudes commencent à changer, même si la vigilance reste encore inégale selon les quartiers et les milieux sociaux.

Aux entrées de certains bureaux publics, hôpitaux, écoles, pharmacies et organisations humanitaires, des dispositifs de lavage des mains sont visibles. Dans certaines structures sanitaires, le contrôle systématique des visiteurs est déjà renforcé notamment par prise de température. L’usage de désinfectant est de plus en plus observé.

Dans plusieurs quartiers populaires, certains habitants limitent désormais les visites familiales, les rassemblements et les déplacements non essentiels.

Plusieurs personnes évitent désormais le poignet de main et privilégient les salutations à distance. D’autres portent à nouveau des masques, un réflexe que beaucoup avaient abandonné après la pandémie de Covid-19.

« Avant, on se serrait les mains facilement. Maintenant, plusieurs personnes hésitent à se serrer les mains et ne veulent pas s’approcher de quelqu’un qui tousse ou qui paraît malade », témoigne une commerçante du quartier Lumumba.

Dans certaines écoles et institutions académiques, les responsables demandent de se laver régulièrement les mains et d’éviter les contacts physiques prolongés.

Au marché central, plusieurs vendeuses disent constater de moins en moins de contacts physiques avec les clients.

« Beaucoup ont peur depuis qu’on parle de nouveaux cas d’Ebola. On donne le prix de loin et l'argent est mis sur l'article, une fois récupéré on désinfecte les mains y compris l'argent », raconte une vendeuse de produits alimentaires.

Les autorités sanitaires et les organisations partenaires poursuivent parallèlement la campagne de sensibilisation à travers les radios locales, les églises, les marchés et les réseaux sociaux afin de rappeler la nécessité d’appliquer les gestes barrières pour éviter la propagation d’Ebola.

Selon plusieurs habitants, la peur est davantage alimentée par la rapidité de propagation annoncée de cette nouvelle épidémie ainsi que par les informations faisant état de nouveaux cas parmi les personnels soignants et les zones urbaines.

La situation reste préoccupante dans une province déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations. Des organisations sanitaires internationales craignent d’ailleurs une propagation plus rapide du virus à cause des mouvements des populations, de la promiscuité et des difficultés d’accès dans certaines zones affectées.

Pendant ce temps, les autorités congolaises annoncent l’ouverture progressive de centres de traitement des malades et le renforcement des équipes médicales à Bunia, Rwampara et Mongbwalu pour tenter de contenir la maladie.

Freddy Upar, à Bunia