Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa préoccupation face à l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) déclarée en République démocratique du Congo et en Ouganda. Dans un communiqué ce lundi 18 mai, l'Union africaine a également exprimé ses inquiétudes face au risque croissant de propagation régionale de cette épidémie sur le continent africain.
Toutefois, le chef de l'exécutif de l'Union africaine a tenu à féliciter les gouvernements de la RDC et de l'Ouganda, ainsi que les autorités sanitaires nationales et les personnels de santé en première ligne, pour leur réaction rapide et leurs efforts constants visant à contenir l'épidémie dans des circonstances difficiles. Il a également salué les mesures de préparation mises en œuvre par les pays voisins, notamment le Soudan du Sud.
"L’Union africaine est pleinement solidaire des peuples et des gouvernements de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda en cette période critique. L’Afrique a déjà surmonté d’importantes crises sanitaires et, grâce à l’unité, la coordination et l’action collective, nous surmonterons celle-ci également", a déclaré Mahmoud Ali Youssouf.
L’Union africaine a apporté son soutien au leadership de son Centre africain de contrôle et de prévention des maladies dans la coordination d’une réponse continentale, en étroite collaboration avec les États membres, l’Organisation mondiale de la santé, les partenaires humanitaires, les donateurs et toutes les parties prenantes concernées.
L’Union africaine reste ferme dans son engagement à préserver la sécurité sanitaire publique de l’Afrique et à renforcer l’architecture de préparation et de réponse du continent.
"La protection des vies africaines et la préservation de notre sécurité sanitaire continentale demeurent notre priorité absolue. Nous appelons tous les États membres et partenaires à intensifier leur soutien aux efforts de préparation, de surveillance et de réponse rapide dans les pays touchés et à risque", a souligné le président de la Commission de l'UA.
Vingt-quatre heures après sa déclaration officielle comme 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Selon le communiqué rendu public samedi 16 mai 2026, le directeur général de l’OMS a fondé cette décision sur plusieurs éléments, notamment le taux élevé de positivité des premiers échantillons testés, la propagation déjà documentée au-delà des frontières congolaises ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche spécifique. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cette épidémie ne remplit cependant pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.
Cette épidémie de maladie à virus Ebola survient dans une zone du pays marquée par de graves violences contre les populations civiles, attribuées aux rebelles des ADF, qui continuent de semer la désolation parmi les civils malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et les forces ougandaises. À cela s’ajoute l’activisme de plusieurs milices locales, notamment la CODECO, le groupe Zaïre, la CRP et d’autres. Cette situation fragilise davantage le contexte humanitaire dans cette partie de la RDC et entraîne des déplacements massifs de populations.
Cette épidémie dans la province de l’Ituri survient près de six mois après que la RDC a annoncé, le 1er décembre 2025, la fin de la 16e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province du Kasaï, aucun nouveau cas n’ayant été signalé durant les 42 jours écoulés depuis la rémission du dernier patient, le 19 octobre 2025.
Clément MUAMBA