Ebola en Ituri : entre surveillance sanitaire et restrictions de voyage, l’inquiétude monte dans les milieux humanitaires

Boulevard de Libération à Bunia
Boulevard de Libération à Bunia

La résurgence de l’épidémie d’Ebola en province de l’Ituri commence à produire ses premiers effets au sein des milieux humanitaires et expatriés opérant dans l’est de la République démocratique du Congo.

Alors que les autorités sanitaires congolaises intensifient la riposte dans les zones touchées, les États-Unis ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Ituri en raison des risques liés à la propagation du virus Ebola, selon plusieurs sources diplomatiques et humanitaires contactées à Bunia.

Dans le même temps, des mesures de surveillance sanitaire préventive ont été renforcées autour de certaines personnes considérées comme contacts potentiels dans le cadre du suivi épidémiologique en cours.

Selon une source médicale ayant requis l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier.

"Certaines personnes ayant été potentiellement exposées au virus font actuellement l’objet d’un suivi sanitaire conformément aux protocoles internationaux de prévention contre Ebola".

Cette source précise toutefois que _"malgré placé sous surveillance, celà ne signifie pas automatiquement être malade"_, rappelant que les autorités sanitaires procèdent systématiquement à un suivi préventif des contacts afin d’éviter toute propagation éventuelle du virus.

Dans les milieux humanitaires présents à Bunia et dans les zones affectées, la situation commence à susciter de l’inquiétude, notamment en raison de la multiplication des cas suspects et du renforcement progressif des contrôles sanitaires.

"Les équipes restent mobilisées, mais il y a forcément une inquiétude parce qu’Ebola touche directement les mouvements, les contacts humains et les opérations de terrain", confie un acteur humanitaire sous couvert d’anonymat.

Selon les dernières données sanitaires disponibles, l’Ituri concentre l’essentiel des cas suspects recensés en RDC, particulièrement dans les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara.

Face au risque de propagation, les autorités congolaises ont déjà annoncé l’installation prochaine de centres de traitement à Bunia, Mongbwalu et Rwampara, tandis que des équipes spécialisées poursuivent le suivi des contacts et les opérations de sensibilisation communautaire.

Le ministre national de la Santé publique, Roger Kamba, a récemment appelé la population à éviter la panique et à collaborer avec les équipes médicales.

"Ce n’est pas une maladie mystique. Plus vite on va prendre le malade en charge, plus vite on va arrêter la propagation du virus", avait-il déclaré lors de sa visite à Bunia.

Dans les organisations humanitaires, plusieurs structures auraient déjà commencé à réévaluer certains déplacements vers les zones considérées à haut risque, en attendant l’évolution de la situation épidémiologique.

Freddy Upar, à Bunia