Dans un rapport publié en mai 2026, Human Rights Watch documente les violations graves commises lors de la prise et de l'occupation d'Uvira, ville de près de 800 000 habitants dans la province du Sud-Kivu, entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026.
62 cas de meurtres documentés
Human Rights Watch a documenté 62 cas d'exécutions sommaires et de meurtres illégaux. Les victimes étaient 54 hommes, 2 femmes, 5 garçons et une fille. L'organisation précise que ces cas ne représentent qu'une fraction du nombre total de civils tués pendant l'occupation.
200 000 personnes déplacées
Les combats qui ont précédé la prise d'Uvira ont provoqué le déplacement d'environ 200 000 personnes, dont plus de 30 000 ont cherché refuge au Burundi voisin.
120 témoins et survivants interrogés
Le rapport s'appuie sur plus de 120 entretiens, dont 80 menés en mars 2026 directement à Uvira avec des survivants, des témoins et leurs proches, ainsi qu'avec des responsables gouvernementaux, des sources onusiennes et des diplomates.
80 000 cas de viol signalés dans l'est de la RDC
Le Fonds des Nations Unies pour la population a signalé plus de 80 000 cas de viol dans l'est de la RDC entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32 % par rapport à la même période en 2024. À Uvira, Human Rights Watch a documenté huit cas de viol commis par des combattants du M23 et des soldats rwandais.
72 heures : le délai critique pour les survivantes
Les kits de prophylaxie post-exposition, qui permettent de prévenir le VIH après un viol, doivent être administrés dans les 72 heures suivant l'agression. Pendant toute la durée de l'occupation, les survivantes n'ont pas pu y accéder. Les coupes de l'aide américaine au début de l'année 2025 avaient déjà brusquement mis fin aux stocks de ces kits dans les hôpitaux de l'est de la RDC.