RDC : l’AFC/M23 dit se retirer de certaines zones de la plaine de la Ruzizi « par bonne foi », Kinshasa évoque une pression militaire et diplomatique

Bisimwa, Nangaa, Kimbulungu
Bisimwa, Nangaa, Kimbulungu

Depuis le weekend, des mouvements de troupes sont signalés dans la plaine de la Rusizi et sur les hauts plateaux du Sud-Kivu. L’AFC/M23 se retire de plusieurs positions. Les FARDC les réinvestissent. Les deux camps n’ont pas la même lecture de ce qui se passe.

Selon les sources de ACTUALITE.CD, pour le mouvement rebelle soutenu par Kigali, ce retrait est un geste délibéré, un signe de bonne foi dans le cadre du processus de paix. Cette séquence n’est pas isolée. Elle est également liée à la lettre datée du 7 mai 2026 adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio. 

Dans cette correspondance, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, rappelle « les gestes consentis » par son mouvement : retrait unilatéral du territoire de Walikale en mars 2025, libération de plus de 1 350 détenus, offre de remise au CICR de plus de 5 000 éléments des FARDC et de leurs dépendants, retrait de la ville d’Uvira et ouverture de corridors humanitaires.
Le mouvement rebelle parle de repositionnement, pas de défaite militaire.

Ce que dit l’armée congolaise

Pour les FARDC, la lecture est différente. L’armée confirme que ses forces se déploient dans des zones abandonnées par les combattants de l’AFC/M23. Le mouvement va de Sange jusqu’à Mutarule, où les forces congolaises sont désormais présentes. La dernière ligne de l’AFC/M23 se trouverait aujourd’hui à Luvungi. Pour Kinshasa, ce recul est le résultat d’une double pression, militaire et diplomatique.

La mise en cause de Washington

Dans cette même lettre à Rubio, Nangaa va plus loin. Il accuse Washington de partialité. Depuis la signature des accords sur les minerais critiques entre Washington et Kinshasa, le régime de Tshisekedi bénéficierait, selon lui, d’une forme de tolérance de la part des médiateurs américains. Une asymétrie qui, estime-t-il, fragilise la crédibilité de la médiation.

Il déplore également le non-respect par Kinshasa des engagements pris lors des discussions de Montreux du 18 avril 2026, notamment la libération de 317 détenus qui devait intervenir dans un délai de dix jours, ainsi que des bombardements récurrents par drones et aviation sur les zones sous contrôle AFC/M23.

Une copie de la lettre a été envoyée au président togolais Faure Gnassingbé, qui agit comme médiateur de l’Union africaine, au ministre d’État qatari Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, à la facilitation suisse et à Massad Boulos, conseiller spécial du président américain.​​​​​​​​​​​​​​​​