Les épreuves préliminaires de l’Examen d’État, édition 2026, ont été officiellement lancées ce lundi 4 mai sur l’ensemble du territoire de Walikale, dans la province éducationnelle Nord-Kivu 3. Mais dans le centre de passation de Biriko, situé dans le groupement Waloa Loanda dans la sous division de l'EPST Walikale 4, cette première journée s’est déroulée dans un climat particulièrement tendu, marqué par une forte psychose sécuritaire.
À l’origine de cette inquiétude, la détérioration de la situation sécuritaire dans la zone voisine de Tushunguti, chef-lieu du groupement de Ziralo, en territoire de Kalehe au Sud-Kivu, récemment passé sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23 après de violents affrontements avec les Wazalendo.
Selon des sources éducatives locales, la proximité de Biriko avec cette zone de combats située à moins de dix kilomètres seulement, a profondément affecté les candidats finalistes. La veille même du lancement des épreuves, soit dimanche 3 mai, des violents échanges de tirs ont été signalés toute la journée à Tushunguti, alimentant la peur et l’incertitude au sein de la communauté.
"Les élèves sont arrivés au centre avec beaucoup de stress. Plusieurs ont passé la nuit dans l’angoisse à cause des détonations entendues à proximité", confie une source proche de l’administration scolaire locale.
Face à cette situation préoccupante, le chef du centre de Biriko a, selon nos informations, proposé à sa hiérarchie la délocalisation du centre de passation vers Busurungi, une zone jugée plus sécurisée, dans le souci de garantir aux candidats un environnement propice à la concentration et à la sérénité. Une proposition qui n’a cependant pas obtenu l’aval des autorités compétentes.
Malgré ce contexte sécuritaire fragile et la peur perceptible dans les visages, les finalistes ont tout de même pris part à cette première journée des épreuves, déterminés à poursuivre leur parcours scolaire en dépit de l’instabilité qui secoue cette partie du Nord-Kivu.
Cette situation illustre une fois de plus les défis auxquels fait face le secteur éducatif dans les zones affectées par les conflits armés dans l’est de la République démocratique du Congo, où élèves et enseignants continuent de faire preuve de résilience pour préserver le droit à l’éducation, même sous la menace des armes.