Choléra : sur une dizaine de cas, l’aire de santé de Mutongo (Walikale) enregistre quatre décès notamment en raison des mouvements des déplacés de guerre

Lot des médicaments pour la riposte contre la choléra
Lot des médicaments pour la riposte contre la choléra

La zone de santé de Pinga, en territoire de Walikale au Nord-Kivu, fait face à une situation préoccupante marquée par l’apparition d’une épidémie de choléra dans l’aire de santé de Mutongo. Les autorités sanitaires locales tirent la sonnette d’alarme et appellent à une intervention rapide pour contenir la propagation de la maladie.

Selon les informations communiquées par le médecin chef de zone ad intérim, le Dr Théophile Mukandirwa, cette flambée épidémique est étroitement liée à l’afflux massif de personnes déplacées ayant fui l’insécurité dans le territoire voisin de Masisi. Ces populations vivent dans des conditions de promiscuité aiguë, aggravées par un accès limité à l’eau potable et par des problèmes d’assainissement, créant un terrain favorable à la propagation du choléra.

À ce jour, au moins 17 cas suspects ont été enregistrés, dont 4 décès. Les cas proviendraient en grande partie de zones touchées du territoire de Masisi, notamment Nyabiondo, Lukweti et Misheeshe, avant de se propager vers Mutongo.

Face à cette situation, une réunion d’urgence de la surveillance épidémiologique s’est tenue ce mercredi 29 avril au bureau de la zone de santé de Pinga. Cette rencontre a permis de poser les bases d’une stratégie de riposte adaptée. Dans la foulée, une équipe de supervision a été déployée sur le terrain afin d’évaluer l’ampleur réelle de l’épidémie et d’identifier les besoins prioritaires.

Toutefois, la réponse reste limitée en raison du manque criant de moyens. La zone de santé de Pinga lance un appel pressant aux partenaires humanitaires et aux autorités compétentes pour un appui en médicaments, en intrants médicaux et en interventions d’urgence en eau, hygiène et assainissement.

« Nous avons déjà alerté certains partenaires, mais jusqu’à présent sans suite. La population est vulnérable et a besoin d’une assistance immédiate », a souligné le Dr Théophile Mukandirwa.

D'après lui, la situation exige une mobilisation rapide afin d’éviter une propagation à grande échelle de la maladie dans cette zone déjà fragilisée par les déplacements de population et l’insécurité persistante.