Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, James Swan, a été reçu ce lundi 20 avril à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu, par le gouverneur militaire, le général-major Evariste Somo Kakule. Ce déplacement dans cette partie du pays marque le début de sa tournée dans la province du Nord-Kivu, ainsi que sa première descente sur le terrain depuis sa prise de fonctions il y a deux semaines à Kinshasa.
Cette première mission sur le terrain est principalement axée sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, ainsi que sur les échanges avec les différents acteurs locaux. L’ambition affichée est de faire le point sur l’évolution de la situation sécuritaire et de recueillir les préoccupations exprimées par les dirigeants et les acteurs locaux. Selon le chef de la MONUSCO, il s'agit d’une rencontre très "constructive", qui lui a permis de mieux comprendre les préoccupations dans un contexte sécuritaire qui demeure particulièrement difficile.
"Beni et les territoires environnants continuent de faire face à des graves menaces liées à l'activisme des groupes armés principalement les ADF qui continuent d'affecter durement les populations civiles. J’ai réaffirmé au gouverneur l'engagement de la MONUSCO à poursuivre la mise en œuvre de son mandat avec une priorité claire, la protection des civils conformément aux résolutions 2808 et 2773 adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU en 2025", a déclaré James Swan après entretien avec le gouverneur.
Les deux personnalités ont évoqué la nécessité d’une action coordonnée entre les autorités congolaises, les forces de sécurité nationales, la MONUSCO, les acteurs humanitaires et les communautés elles-mêmes. Dans cette zone affectée par l’activisme des ADF qui sèment la mort et la désolation, ils ont également passé en revue les efforts locaux de paix et de stabilisation, y compris les initiatives visant à répondre de manière plus globale à la menace des ADF.
"Dans les zones les plus exposées à l'activisme des groupes armés, cette protection exige une action coordonnée entre les autorités congolaises, les forces de sécurité nationales, la MONUSCO, les acteurs humanitaires et les communautés elles-mêmes. Nous avons également évoqué les recommandations issues des efforts de paix et de stabilisation locaux y compris les initiatives visant à répondre de manière plus globale à la menace des ADF. En plus de l'aspect militaire, cette réponse doit aussi intégrer la prévention, la protection communautaire, le dialogue local, le soutien aux victimes, la lutte contre l'impunité et le renforcement progressif de l'autorité de l'État", a souligné le chef de la MONUSCO.
Par ailleurs, James Swan a salué la résilience de la population de cette partie du pays et a réaffirmé l’engagement de son institution à demeurer aux côtés des autorités et des communautés afin de contribuer à la paix, à la sécurité et à la stabilité.
"Je tiens à saluer la résilience des populations du Grand Nord-Kivu malgré les violences, les déplacements et les traumatismes, elles continuent de faire preuve de courage remarquable. La MONUSCO restera engagée aux côtés des autorités et des communautés pour contribuer à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans cette partie du Nord-Kivu", a-t-il rassuré.
Le Chef de la MONUSCO commence sa tournée par les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Première étape ce lundi 20 avril 2026 : la ville de Beni, zone encore sous contrôle du gouvernement et capitale provisoire du Nord-Kivu. D’après la Mission de l’ONU, il y rencontrera les autorités provinciales, des acteurs politiques ainsi que des représentants de la société civile. Cette zone du pays reste confrontée à une grave insécurité liée à l’activisme des Forces démocratiques alliées (ADF), qui, en dépit des opérations militaires conjointes avec l’Ouganda, continuent de semer la mort et la désolation au sein des populations civiles.
La situation est similaire dans la province de l’Ituri, où les ADF restent actifs dans plusieurs zones. Ces derniers jours, c’est notamment le territoire de Mambasa qui est ciblé par l’activisme de ces combattants terroristes affiliés à l’Etat islamique, provoquant des pertes en vies humaines et de nombreux déplacements de populations. Selon le gouvernement, cet activisme entraîne des conséquences humanitaires immédiates, notamment l’errance de milliers de personnes déplacées internes, une pression accrue sur les infrastructures d’accueil, particulièrement dans la ville de Kisangani, ainsi qu’une détérioration des conditions de vie.
Clément MUAMBA