Le gouvernement de la République a validé un projet de réinsertion au profit des déplacés du conflit entre les communautés Mbole et Lengola, qui a secoué pendant plusieurs années la province de la Tshopo. Cette validation fait suite à la proposition présentée mercredi 15 avril lors de la réunion du Conseil des ministres par Ève Bazaiba Masudi, ministre d’État, ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale.
Cette initiative du gouvernement central intervient après plus de trois années de conflits meurtriers, au terme desquels les communautés Mbole et Lengola ont finalement accepté de sceller officiellement un pacte de paix, tournant ainsi la page des violences qui ont endeuillé leurs territoires respectifs.
"Le projet de réinsertion des déplacés des conflits Mbole et Lengola en province de la Tshopo. Sur ce volet précis, elle a motivé la nécessité de mettre en oeuvre un projet structurant de réinsertion durable consistant à la construction de 3000 maisons destinées aux anciens déplacés issus des conflits inter communautaires Mbole et Lengola", rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.
Dans sa note d'information reprise dans le compte rendu de la réunion, Ève Bazaiba Masudi, ministre d’État, ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale a tenu à souligner que ce projet vise à assurer une réinstallation durable et sécurisée des populations concernées, à désengorger les zones urbaines notamment Kisangani, à permettre une meilleure prise en charge des nouvelles vagues des déplacés en provenance notamment de Mambasa ( Ituri) et d'autres territoires comme Walikale ( Nord-Kivu) et a contribué à la consolidation de la paix et à la stabilité sociale.
Les communautés Mbole, Lengola et Kumu, impliquées dans le conflit intercommunautaire Mbole-Lengola, avaient tenu, samedi 21 juin 2025, une cérémonie de rituels de réconciliation à Osio, situé à 17 kilomètres du centre de la commune de Lubunga, dans la ville de Kisangani. En présence du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, les communautés impliquées dans ce conflit ont enterré la hache de guerre.
Mbole comme Lengola, chacun a présenté des excuses « pour tout ce qui s’est passé ».
« Nous sanctionnons avec force nos enfants qui oseront encore faire couler le sang. Ils répondront seuls : des sanctions sociales, judiciaires et coutumières », a rassuré le représentant de la communauté Mbole.
Les Lengola, eux aussi, « se désolidarisent de tout celui qui va encore tuer ». Ils encouragent « la restauration des mariages hétérogènes entre les Mbole et les Lengola ».
Les hostilités entre les deux communautés et leurs alliés ont fait plus de 700 morts depuis février 2023 et provoqué le déplacement de nombreuses personnes dans cette partie de la République démocratique du Congo.
Clément MUAMBA