Accord de Washington : les USA déçus par le Rwanda accusé d’exacerber le conflit en violation de ses engagements et exigent un retrait « immédiat » de ses troupes du sol congolais

Photo d'illustration
Le Président rwandais Paul Kagame

Médiateurs dans la crise opposant la République démocratique du Congo et le Rwanda, et en même temps parrains de l’accord de paix de Washington signé entre ces deux États, les États-Unis, tiennent au respect des engagements pris par les parties en vue de la restauration de la stabilité et de la paix dans la région des Grands Lacs.

Intervenant ce mercredi 15 avril 2026 lors de la 10 136e séance du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, Tammy K. Bruce, ambassadrice adjointe des États-Unis auprès des Nations unies, a exprimé la déception de son pays face au fait que Kigali continue d’exacerber les conflits en violation de ses engagements. Elle a rappelé l’urgence pour Kigali de retirer « immédiatement » ses troupes du territoire congolais, tout en insistant sur le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.

« Nous sommes très déçus par le fait que le Rwanda continue d'exacerber le conflit ce qui constitue une violation directe de ses obligations au titre des accords de Washington. Nous réaffirmons à nouveau nos appels à un retrait immédiat des troupes rwandaises, nous réaffirmons la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique de la République Démocratique du Congo, des éléments qui doivent être respectés à tout prix », a déclaré Tammy K. Bruce Ambassadeur adjoint des États-Unis auprès des Nations Unies.

Tammy K. Bruce a rappelé que son pays n’exclut pas la possibilité de recourir à d’autres options diplomatiques contre ceux qui sapent les efforts de paix et de stabilité dans la région des Grands Lacs.

« Nous n'avons pas peur de réfléchir à d'autres outils pour promouvoir la reddition des comptes pour ceux qui mettent en péril la paix. Le mois dernier, les États-Unis d'Amérique ont proposé des sanctions ciblées contre les forces de défense du Rwanda et 4 généraux responsables de la déstabilisation, ceux et celles qui sapent la paix devraient s'attendre à ce que des conséquences leurs soient opposées », a prévenu la diplomate.

Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sécuritaire sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante et des tensions durables.

Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’État du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, connaissent également un net ralentissement, malgré la reprise d’un nouveau round de discussions entre les parties, cette fois-ci en Suisse, à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Cette branche de médiation vise à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.

Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. L’objectif de ces appels est de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques constatées sur le papier.

Clément MUAMBA