RDC : Le Mouvement Syndical TJS projette une manifestation lundi 20 avril pour exiger le paiement « sans retard » des fonctionnaires de l'État

Dans une interview à ACTUALITE.CD, Henry-Paul Kanakana, président du mouvement syndical « Transparence et justice sociale » (TJS), a annoncé la tenue d'une manifestation de contestation lundi 20 avril 2026, pour notamment exiger au ministre des Finances de régulariser la paie des fonctionnaires de l'État, effectuée toujours en retard depuis le début de l'année.

Selon lui, le paiement tardif des salaires a plongé les fonctionnaires de l'État dans une situation de précarité insoutenable.

« Plus encore, les banques payeuses amplifient les souffrances des agents publics de l'État, par la retenue des frais et des intérêts bancaires exorbitants, qui ne sont pas régulés par le gouvernement », a-t-il fait savoir.

Lors de cette manifestation, un appel sera également lancé au ministre du Budget de signer les actes administratifs qui lui ont été proposés par les experts, pour que les structures standards de sport et loisirs, de l'éducation nationale, et de la formation professionnelle soient correctement payées en fonction des grilles barémiques.

Lors de l'interview, Henry-Paul Kanakana a dénoncé le fait que le gouvernement de la RDC n'honore pas ses engagements vis-à-vis des fonctionnaires. Le gouvernement n'a par exemple pas relancé les négociations paritaires sur la politique salariale, alors qu'elles ont été annoncées depuis 2024.

Le gouvernement peine également à migrer vers le budget-programme, censé aider les administrations à utiliser leurs crédits de manière plus ou moins autonome pour de bons résultats, regrette-t-il. 

Henry-Paul Kanakana dénonce la corruption, le vol, la fraude, les exonérations fantaisistes, le clientélisme, l'indiscipline budgétaire « et plusieurs autres antivaleurs qui sont devenues endémiques ».

« La mise à la retraite est devenue une forme de mouroir parce qu'il n'y a pas d'indemnité de sortie suffisante, pas de pensions de retraite suffisantes. Les avantages sociaux sont devenus lettre morte, bien que prévus statutairement. Les conditions physiques de travail sont devenues de plus en plus dures, à cause des embouteillages interminables, du manque d'électricité, de l'insalubrité et des nuisances sonores », déplore-t-il.