Le député Alfred Dibandi a salué, ce lundi 13 avril, la recevabilité par l’Assemblée nationale des projets de loi autorisant la ratification des accords conclus entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’entre la RDC et les États-Unis d’Amérique. Dans une interview accordée à cette occasion, il a insisté sur la portée stratégique de ces textes pour l’avenir du pays.
Pour l’élu de Libenge au Sud-Ubangi, la paix ne peut plus être perçue uniquement sous l’angle sécuritaire.
« Aujourd’hui, il ne suffit pas d’entrevoir la paix comme une simple cessation de guerre ou des armes. Il faudrait l’entrevoir comme un motif de développement, d’intégration et surtout d’affirmation de la puissance stratégique de la RDC au cœur des enjeux d’autonomisation des puissances mondiales », a-t-il déclaré.
Dans ce contexte, Alfred Dibandi estime que la ratification de l’accord de paix avec le Rwanda s’impose comme une nécessité, compte tenu de la nature du conflit et des acteurs impliqués.
« Au regard de cela, il était nécessaire, puisque le belligérant s’appelle Rwanda, qu’il y ait ratification de l’accord de paix signé avec ce pays sous la facilitation des États-Unis », a-t-il ajouté.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, le député met en avant les opportunités économiques et géostratégiques qu’offre le partenariat avec Washington. Il rappelle notamment le positionnement unique de la RDC sur le continent.
« Mais il faudra surtout que nous, seul pays africain disposant de huit corridors maritimes, puissions nous affirmer dans le développement à long terme des nations, à travers notamment notre partenariat stratégique avec les Américains », a-t-il souligné.
Selon lui, ce partenariat repose sur des piliers concrets, notamment les infrastructures et les corridors économiques. Il cite en particulier l’axe Sakania-Lobito, qu’il considère comme un levier majeur d’intégration régionale et mondiale.
« Ce partenariat pose notamment quelques piliers de développement avec les corridors de Sakania-Lobito, qui s’inscrivent dans les enjeux économiques non seulement continentaux mais aussi mondiaux », a-t-il expliqué.
Ce corridor offre, d’après lui, une ouverture stratégique sur la façade atlantique africaine.
« Cela nous permet d’avoir une bonne ouverture sur la façade atlantique africaine, qui forme un bloc de 23 pays allant du Maroc à la Namibie et représentant aujourd’hui 57 % de l’économie africaine en termes d’exploitation et 55 % du PIB », a précisé le député.
Pour Alfred Dibandi Nzondomyo, ces accords positionnent la RDC comme un acteur central dans les échanges internationaux.
« C’est plus qu’important, parce que cela nous place en équilibre au cœur du monde, comme pivot entre le commerce transindien et transatlantique », a-t-il affirmé.
Il a également évoqué le rôle des États-Unis dans ce processus, saluant certaines mesures prises à l’encontre du Rwanda.
« Cela participe aussi à l’affirmation de ce partenaire, qui a déjà posé des actes, notamment en sanctionnant l’armée rwandaise, pour aider le pays à décoller plus que jamais », a-t-il indiqué.
Enfin, le député a rappelé le rôle joué par l’Assemblée nationale dans cette étape du processus.
« Nous, en tant qu’Assemblée nationale, avons joué notre part et nous attendons d’encadrer davantage la suite », a-t-il conclu.
Les deux textes sont déclarés recevables et envoyés à la commission mixte Relations extérieures-Defense et sécurité-Ecofin pour un examen approfondi. cette commission dispose de vingt-quatre heures pour déposer le rapport de son travail.
Présenté et défendu par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, l’accord RDC–États-Unis établit un partenariat stratégique dans des secteurs clés tels que les minéraux critiques, l’énergie, les infrastructures et la sécurité. Il prévoit un cadre de coopération structuré avec des mécanismes conjoints de suivi, tout en garantissant le respect de la souveraineté nationale.
Le second texte porte sur l’accord de paix conclu le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda. Il vise la cessation des hostilités, le respect de l’intégrité territoriale, le désengagement des forces et la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, en vue d’une stabilité durable dans la région.