Un nouveau round de discussions entre les délégués du gouvernement de la République démocratique du Congo et de la rébellion de l’AFC/M23 s’ouvre la semaine prochaine en Suisse, dans le cadre du processus dit de « Doha », mené sous l’égide de l’État du Qatar. Ce processus, habituellement conduit à Doha et chargé de la gestion de la crise entre Kinshasa et ce mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, a été délocalisé en raison du conflit dans le Golfe.
À la veille de ce rendez-vous diplomatique sur la crise dans l’Est de la RDC, qui suscite de grands espoirs, des voix s’élèvent pour inviter la population congolaise, et plus particulièrement celle de cette partie du pays, à faire confiance aux initiatives de paix en cours. C’est le cas du député national Patrick Munyomo Basilwango, élu de la ville de Goma (Nord-Kivu) et membre du regroupement politique Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A).
Au cours d’un face-à-face avec la presse ce samedi 11 avril, Patrick Munyomo a également rappelé l’importance de la cohésion et de l’unité nationales dans le contexte actuel, estimant que celles-ci, associées aux initiatives diplomatiques en cours, faciliteront le retour rapide de la paix dans l’Est de la RDC, en proie aux conflits et aux violences depuis plus de trois décennies
"Vous devez savoir qu'à partir de la semaine prochaine, le processus de paix de Doha va reprendre en Suisse entre notre gouvernement et la rébellion de l'AFC/M23. J'ai été instruit par le Chef de l'État Félix Tshisekedi d'assurer la population de l'Est de la RDC que la paix dans l'Est va revenir très bientôt, Je tiens à vous assurer que le chef de l’État met tout en œuvre pour que la paix revienne très prochainement dans l’Est de notre pays et pour celà j'en profite pour que cette paix durable puisse revenir, nous avons besoin de l'unité nationale. C’est un moment où nous devons dépasser les clivages politiques, les appartenances et les divisions. Qu’il s’agisse des acteurs politiques, de la société civile, des journalistes, des leaders d’opinion ou des citoyens, nous devons tous nous mobiliser derrière la vision du chef de l’État pour restaurer une paix durable", a déclaré le député national Patrick Munyomo.
Toujours dans le cadre des efforts de paix, il a rappelé qu’il existe déjà un accord signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous les auspices des États-Unis, tout en rassurant que ces accords, déjà déposés au Parlement, seront examinés et ratifiés au cours de la session parlementaire en cours.
Conscient des difficultés que traversent les populations de l’Est de la RDC, il a exprimé sa compassion et sa solidarité à l’égard de toute la population de cette partie du pays, victime de cette barbarie humaine imposée par le Rwanda à travers les éléments de l’AFC/M23.
"À mes frères et sœurs de l’Est, je tiens à dire que vous avez suivi les nombreux déplacements du chef de l’État à travers le monde, notamment aux États-Unis. Vous avez également suivi la récente rencontre entre le Président de la République, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi, et son homologue rwandais, en présence du Président américain Donald Trump. Ces démarches témoignent des efforts constants du chef de l’État pour ramener la paix chez nous dans l’Est du pays. À travers ses rencontres aux États-Unis d'Amérique, aujourd'hui, au niveau du Parlement, nous avons reçu les accords signés à Washington, ils ont été transmis au Parlement, et nous, députés nationaux, sommes appelés à les examiner et les ratifier au cours de la session de mars", a rassuré l'élu de la ville de Goma dans la province du Nord-Kivu.
Il sied de noter que la reprise de ces pourparlers intervient dans un contexte de blocage profond. Le cadre de paix de Doha, signé le 15 novembre 2025 entre le M23 et le gouvernement congolais, n’avait abouti qu’à un accord sur deux points parmi les huit protocoles : un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et un mécanisme d’échange de prisonniers. Les questions centrales, à savoir l’avenir du M23, le retour des réfugiés et la justice pour les crimes commis, étaient restées sans réponse.
Le cessez-le-feu issu de cet accord n’a pas tenu. Dès le 1er décembre 2025, le M23 a repris son offensive vers le sud-ouest, en direction de Mwenga et d’Uvira. Le 10 décembre, Uvira est tombée aux mains des rebelles. Le M23 n’avait par ailleurs participé qu’à une seule des trois réunions du mécanisme de suivi prévues pendant cette période.
La chute d’Uvira a entraîné la suspension du processus parallèle entre Kinshasa et Kigali. Depuis novembre 2025, aucune réunion du Mécanisme de coordination sécuritaire conjointe (JSCM), cellule militaire de coordination entre le Rwanda et la RDC, ne s’est tenue. Les rencontres programmées à Doha entre le M23 et le gouvernement congolais ont également été annulées.
Les 17 et 18 mars 2026, des réunions bilatérales et trilatérales entre les États-Unis, la RDC et le Rwanda se sont tenues à Washington, au cours desquelles les parties ont convenu de mesures de désescalade.
Clément MUAMBA