RDC: James Swan, nouveau chef de la MONUSCO est arrivé à Kinshasa

James Swan
James Swan

Après sa nomination en mars dernier par le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), James Swan, est arrivé mardi 7 avril dans la soirée à Kinshasa, pour prendre ses nouvelles fonctions. Il succède officiellement à la Guinéenne Bintou Keita, dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités et la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est du pays.

Lors de sa première interview rapportée par la Radio Okapi, James Swan a appelé les Congolais à la solidarité. Face aux violents combats opposant la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, aux forces gouvernementales sur plusieurs fronts des provinces du Nord et du Sud-Kivu, il a souligné qu’il n’existe pas de solution exclusivement militaire à la crise persistante dans l’Est de la RDC.

"J’arrive avec un message de solidarité à l’endroit du peuple congolais, alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC demeure profondément préoccupante et que les civils continuent de payer le plus lourd tribut", a déclaré James Swan.

M. Swan place sa priorité sur la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO, qui consiste notamment à protéger les civils, à soutenir la désescalade des conflits et à créer des conditions propices à une paix durable. Le diplomate de l’ONU a assuré que les Nations unies se tiennent aux côtés du peuple congolais et des institutions de la RDC.

"J'arrive à Kinshasa avec humilité et détermination, pleinement engagé à soutenir le peuple congolais et à faire avancer les efforts en faveur de la désescalade et d'une paix durable. Mon expérience antérieure en RDC m'a inspiré un profond respect pour ce pays, son peuple, ainsi que pour l'importance d'une collaboration étroite avec les autorités nationales et les communautés. Les Nations unies se tiennent aux côtés du peuple congolais et des institutions de la RDC, dans le plein respect de la souveraineté du pays", a-t-il affirmé.

Mise en œuvre du nouveau mandat de la MONUSCO

Le nouveau patron de la MONUSCO prend la direction de la mission à la suite du renouvellement d’un mandat d’un an par le Conseil de sécurité des Nations unies, valable jusqu’au 20 décembre 2026. Il aura la lourde responsabilité de mettre en œuvre la résolution de ce nouveau mandat sur le terrain. Appelée résolution 2808, cette décision fixe que la MONUSCO maintiendra un effectif maximum autorisé de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées. Les priorités stratégiques de la mission consistent à : contribuer à la protection des populations civiles dans sa zone de déploiement ; réaliser les objectifs fixés par la résolution 2773 (2025) ; stabiliser et renforcer les institutions de l’État en RDC.

Contrairement aux précédents mandats, la résolution 2808 marque une pause dans le désengagement progressif de la MONUSCO, en raison de la dégradation persistante de la situation sécuritaire en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où la mission doit surveiller le cessez-le-feu. Portée par la France, la résolution intègre également de nouveaux cadres diplomatiques, notamment l’Accord de paix de Washington (signé en juin 2025 entre la RDC et le Rwanda) et l’Accord de paix de Doha (novembre 2025). Dans ce contexte, la MONUSCO est appelée à jouer un rôle accru dans le soutien à un cessez-le-feu permanent, notamment à travers un mécanisme de suivi et de vérification.

La résolution condamne fermement l’offensive menée par le M23 au Sud-Kivu, avec le soutien de la Force de défense rwandaise, en particulier la prise d’Uvira. Le Conseil exige que le M23 mette immédiatement fin à son offensive et fasse marche arrière, et que la Force de défense rwandaise cesse tout soutien et se retire du territoire congolais.

Parallèlement, le Conseil exige que les forces militaires congolaises cessent leur soutien à certains groupes armés tels que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et poursuivent la neutralisation de ces groupes conformément aux engagements pris. Tous les groupes armés et réseaux qui les soutiennent doivent mettre fin à toute forme de violence et déposer les armes.

Qui est James Swan ?

Diplomate chevronné, James Swan possède une longue expérience en Afrique, dans des pays confrontés à des transitions politiques et sécuritaires complexes. Depuis mars 2025, il occupait le poste de Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie et chef de la Mission d’assistance transitionnelle des Nations unies dans ce pays (UNTMIS), après l’avoir exercé par intérim à partir de mai 2024. Il a également dirigé la Mission des Nations unies en Somalie (UNSOM) de 2019 à 2022.

Avant de rejoindre l’ONU, M. Swan a mené une carrière de 32 ans au sein du gouvernement américain, avec plusieurs missions en lien avec la RDC, notamment : Ambassadeur en RDC (2013-2016) ; Numéro deux de l’ambassade (2001-2004) ; Officier de desk (1996-1998).

Il a aussi été ambassadeur à Djibouti (2008-2011), Représentant spécial pour la Somalie (2011-2013) et Secrétaire d’État adjoint pour les affaires africaines (2006-2008). Ses missions l’ont conduit au Congo-Brazzaville, en Somalie, au Cameroun, au Nicaragua et en Haïti. Diplômé des universités Georgetown et Johns Hopkins, ainsi que du National War College, M. Swan est anglophone natif et parle couramment le français.

Clément MUAMBA