Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a dévoilé le nombre d’incidents ayant affecté les acteurs humanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo au cours du mois de février 2026. Selon le rapport consulté par ACTUALITE.CD ce mardi 7 avril, ce nombre est passé de 37 en janvier à 46 en février, soit une augmentation de 24,32 %.
"Le nombre d'incidents affectant les acteurs humanitaires dans l'est de la RDC est passé de 37 en janvier à 46 en février, soit une augmentation de 24,32 %. Sur ces 46 incidents, 39 % se sont produits au Nord-Kivu, 28 % au Sud-Kivu, 24 % au Tanganyika et 9 % en Ituri, tandis qu'aucun incident n'a été signalé au Maniema. Cette augmentation témoigne d'une nouvelle dégradation du contexte opérationnel en février, avec une concentration notable d'incidents au Nord-Kivu et au Tanganyika. Un travailleur humanitaire a été tué et un autre blessé en février, et aucun enlèvement n'a été signalé", rapporte OCHA.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) rappelle que depuis janvier 2025, 709 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été recensés. Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée (46 % des incidents), suivi du Sud-Kivu (29 %), de l’Ituri (14 %), du Tanganyika (9 %) et du Maniema (3 %). Cette répartition confirme la persistance de difficultés d’accès non seulement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, mais aussi dans celle du Tanganyika.
Comparativement à la répartition cumulée des incidents enregistrés depuis janvier 2025, le mois de février 2026 a montré une proportion nettement plus élevée d'incidents au Tanganyika (24 % contre 9 %), tandis que le Nord-Kivu représentait une part plus faible (39 % contre 46 %). Le Sud-Kivu est resté globalement conforme à la tendance cumulée (28 % contre 29 %).
Les cambriolages, vols et intrusions dans les camps humanitaires ont représenté 39 % des incidents, les entraves et restrictions de circulation 35 %, les actes d'intimidation, menaces ou agressions physiques 24 %, et les autres incidents 2 %. Par rapport à janvier, cela reflète une légère augmentation de la part des entraves et restrictions de circulation, tandis que les cambriolages, vols et intrusions sont restés la catégorie la plus fréquemment signalée.
Depuis le début de l’année, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont déplacé des centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité généralisée compliquent davantage l’accès des humanitaires aux populations vulnérables.
Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire et d’autres formes d’assistance essentielle. L’ONU insiste sur l’urgence de garantir un accès humanitaire rapide, sécurisé et sans entrave, en levant tous les obstacles encore persistants.
En dépit des avancées annoncées dans le cadre des initiatives de médiation notamment le processus de Washington piloté par les États-Unis pour le dossier RDC–Rwanda, ainsi que l’implication du Qatar dans la crise opposant la RDC à la rébellion AFC/M23, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Face à ce constat, de nombreuses voix appellent les parties prenantes à respecter leurs engagements dans les différents accords et déclarations signés, afin de faire taire les armes et offrir enfin une chance à la paix après près de trois décennies de conflit.
Clément MUAMBA