Alors que la majorité au pouvoir signe et persiste sur le changement/révision de la Constitution, l’opposition, de son côté, fait déjà bloc. L’un des opposants, le docteur Denis Mukwege, a dans une déclaration ce lundi, interpellé le président Félix Tshisekedi à ne prêter les oreilles à ceux qu'ils qualifient des « tambourinaires » autour de lui. D’après le prix Nobel de la paix 2018, ces derniers ne voient que leurs intérêts et ne pensent pas à ceux de la nation. Il l'a averti que ceux-ci sont capables de le « poignarder comme l’ont fait certains partisans de l’ancien régime qui sont dans le gouvernement et institutions ».
« Nous exhortons le Président de la République à ne pas suivre les tambourinaires, selon leur propre expression, car ils sont là pour leurs intérêts personnels et non pour l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il écrit avant d’ajouter :
« Demain, ils seront les premiers à vous poignarder dans le dos, comme l’ont fait certains caciques et ténors du régime précédent contre leur ˝autorité morale˝ qu’ils défendaient avec tant de force, mais qui, au changement du régime, lui ont tourné le dos. Écoutez plutôt votre conscience et la voix du peuple. Levons fièrement nos fronts, tel que nous le commande notre hymne sacré, et ne les courbons pas. Notre liberté est à ce prix ».
Samedi dernier, l’opposant Delly Sessanga a haussé le ton contre l’ambition du pouvoir de Kinshasa, rappelant que la problématique d’un troisième mandat a dû coûter la vie à plusieurs Congolais, à l’instar de Rossy Tshimanga et Thérèse Kapangala. Il a promis qu’il s’opposera fermement au changement de la Constitution, et a ouvertement annoncé son intention d’organiser des manifestations publiques dans la rue pour barrer la route à ce projet.
Lors d’une matinée politique, fin février, le secrétaire général de l'UDPS, parti au pouvoir, a rassuré ses militants que la Constitution sera coûte que coûte «touchée». Il avait jugé méchant d’interdire au Président Tshisekedi de modifier la loi fondamentale.
Ces jours-ci, plusieurs fidèles du président Tshisekedi ont lancé des campagnes pour soutenir son troisième mandat, alors que les élections sont prévues en 2028 prochain, année qui marque la fin du deuxième et dernier mandat de Tshisekedi.
Samyr LUKOMBO