L’opposant Delly Sessanga a tenu une conférence de presse ce samedi, à Kinshasa, au cours de laquelle il a peint un tableau mitigé de la défense et sécurité nationales de 6 ans (2019-2025) de règne de Félix Tshisekedi en dépit d’importants moyens alloués et de l’état de siège décrété depuis 2021.
Devant la presse, l’ancien élu de Lwiza au Kasaï a souligné la significative hausse qu’ont connue les budgets de secteurs de sécurité et de défense sous le président Tshisekedi, où plus de 30% y sont orientés. Il précise qu’entre 2019 et 2025, ces crédits avaient atteint un total de 13, 650 milliards de dollars sans la moindre amélioration sur le terrain, « pas de renforcement visible de l’outil de défense. Pas de sécurisation durable des populations ».
« Alors une question s’impose : où sont passés tous ces moyens engagés dans la défense, la sécurité et la guerre ? A qui profitent ces finances de la guerre ? S’ils n’ont pas aidé à renforcer nos capacités opérationnelles et à recouvrer l’intégrité de notre territoire nationale ? La situation pourrait bien cacher un business de la guerre! Le peuple a le droit de savoir ! », s’interroge Sessanga.
L’ex député national va jusqu’à accuser le régime de Kinshasa «d’instrumentalisation de la guerre» aux fins de «gagner du temps d’éviter des comptes».
« Le pouvoir sait qu’au regard de la Constitution et de l’horloge républicaine, il ne lui reste que 946 jours d’exercice avant la fin définitive du second et dernier mandat de Félix Tshisekedi », déclare l’opposant, qui exige la mise en œuvre « sans délai » de la feuille de route de la CENI pour l’organisation des prochaines élections dont la convocation est prévue le 23 octobre 2028.
Alors que plusieurs fidèles du régime en place souhaitent le maintien du président Tshisekedi à la tête du pays pour en finir avec l’agression rwandaise, Delly Sessanga réfute cette hypothèse qui risque de retarder les échéances de 2028. Il refuse par ailleurs de faire de la guerre un « alibi à la confiscation de la démocratie ».
« Après avoir combattu, avec le peuple, dans la rue, le glissement électoral entre 2016 et 2018, Félix Tshisekedi et les siens ne peuvent, sans se renier, devenir aujourd’hui les artisans d’un nouveau glissement, sous couvert de la guerre », interpelle-t-il.
Il sied de rappeler que le dialogue auquel toute l’opposition appelle et dont l’Angola a reçu mandat de consulter la classe politique congolaise, piétine. Il devrair, pour les opposants, servir d’un cadre de vérité sur la crise multiforme dans laquelle est plongée le pays, mais aussi un moment de consolidation de la cohésion nationale.
Samyr LUKOMBO