Les femmes actrices de la société civile, organisations des femmes et autres structures dans les provinces du Nord et Sud-Kivu réclament la participation féminine dans les négociations des accords au pays.
Les femmes l'ont dit à l'occasion du lancement du projet et vulgarisation des accords et mécanismes sur la paix dans l'Est de la RDC.
Pour les femmes des provinces du Nord et Sud-Kivu, les femmes sont quasi inexistantes.
" Le constat, il est frappant, il y a beaucoup d'accords, il y a beaucoup de processus, qui se chevauchent et d'autres se complètent mais les femmes et les jeunes filles brillent par leur absence. Donc les femmes et les jeunes filles ne sont pas impliquées. Elles ne sont pas présentes sur les tables de négociation. Ce constat, il est frappant et écoeurant parce que les femmes sont les premières victimes des conflits et des guerres, sont celles qui paient le lourd tribut", dit Julienne Baseke coordinatrice de AFEM.
En pleine négociation de Doha et Washington, les femmes des provinces du Nord et Sud-Kivu ont également dénoncé l'absence des femmes engagées.
"On a analysé avec rigueur les processus de Doha et Washington, on a vu que les femmes n'ont pas participé, zéro femme de la société civile à ce processus très décisif pour la paix en RDC", ajoute Julienne Baseke.
De sa part, Rose Mathe point focal de AFEM Goma, plus de 80.000 cas de violences sexuelles ont été enregistrées la seule année 2025 et malgré tout cela, la femme n'est présente à aucun processus de paix.
"Il est important de mentionner que cette même femme figure parmi les premières victimes, et ce que nous allons amener est d'abord pour les victimes, parmi lesquelles les femmes et les jeunes filles. Je vais me focaliser sur les cas des violences sexuelles, ne fût-ce que pour l'année 2025, il a été enregistré autour de 80.000 cas des violences sexuelles" a noté Rose Mathe, point Focal de AFEM au Nord-Kivu dans les processus de paix en RDC.
" La présence de la femme allait nous donner 35 pourcent de la chance pour la durabilité des accords. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est une recherche scientifique qui a été menée par les États Unis et qui a montré que nous 35 pourcent de chance de durabilité" ajoute Caddy Adzuba.
Pour les femmes, elles s'appuyent sur la résolution 1325 des Nations, la convention sur l'élimination de toute forme de discrimination ainsi que les lois internes qui garantissent la participation de la femme comme la loi portant la mise en œuvre de l'application de la parité et des droits des femmes.
Et d'ajouter que leur objectif et leur vision partagée est de voir les femmes sur les tables de négociation.
" Les femmes et les jeunes filles du Nord et du Sud-Kivu dans leur diversité décident de briser le silence, elles ne demandent pas une faveur parce que leur participation, c'est un droit. C'est légitime, c'est une exigence démocratique, c'est même une condition sine quo none pour une paix durable et inclusive dans l'Est de la RDC" demandent les femmes du Nord et Sud-Kivu.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du programme “ femmes piliers d'une paix durable”.
Cette position des femmes du Nord et Sud-Kivu intervient en plein processus de paix de Doha et Washington ou la RDC négocie d'une part avec le Rwanda et d'autre part avec les rebelles de l'AFC/M23 pour une paix durable dans l'Est après près de 3 décennies des conflits dans la partie Est de la RDC