L’attaque de drones à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a causé d’énormes dégâts matériels et humains, affectant notamment les travailleurs humanitaires. En réaction à ces attaques aériennes visant désormais la ville stratégique de Goma, le président français Emmanuel Macron a confirmé la mort d’une humanitaire française agent de l’UNICEF.
Le chef de l’État français, également impliqué dans la recherche d’une solution à la crise dans la région des Grands Lacs, a appelé au respect du droit international humanitaire. Il a rappelé que ces humanitaires s’engagent pour sauver des vies dans cette partie du pays, où la situation sécuritaire et humanitaire demeure préoccupante et précaire, à la suite des violents combats opposant l’AFC/M23 aux forces gouvernementales.
"Une humanitaire française de l'UNICEF a été tuée à Goma. À sa famille, à ses proches, à ses collègues, j'adresse le soutien et l'émotion de la Nation. J'appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s'engagent pour sauver des vies", a réagi sur X Emmanuel Macron, chef de l'État Français.
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, actuellement sous contrôle de la rébellion de l'AFC/M23, a été la cible de frappes de drones attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’ont révélé tôt ce mercredi 11 mars 2026 les dirigeants de ce mouvement rebelle, qui contrôle également de vastes pans des provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. Son porte-parole promet de fournir de plus amples informations dans les prochaines heures.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque visant la ville de Goma relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est de la RDC en janvier 2026, soit une baisse par rapport aux 48 incidents recensés en décembre 2025.
Bien avant ces incidents qui touchent désormais la ville de Goma, dans une déclaration conjointe rendue publique jeudi 5 mars, la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur profonde inquiétude face aux violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Ces cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités.
Selon ces États, ainsi que l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la Suède, ces violations incluent notamment l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant gravement en danger les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent, selon eux, s’engager de toute urgence et sans ambiguïté à cesser les hostilités et à reprendre les négociations. Ils estiment par ailleurs qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23
Clément MUAMBA