RDC: à son tour, Jean-Marc Kabund qualifie de "faux débat" la relance de la question du changement de la Constitution 

Jean Marc Kabund
Jean Marc Kabund

Le débat sur le maintien, la révision ou le changement de la Constitution, survenu en marge du 20ᵉ anniversaire de la Constitution congolaise célébré le 18 février, est loin de se terminer en dépit du contexte sécuritaire préoccupant et tendu dans la partie Est de la République démocratique du Congo. Alors qu’au sein de la majorité au pouvoir, les avis divergent sur l’avenir de la Constitution, l’opposition semble parler d’une seule voix sur la question.

Pour le président de l’Alliance pour le Changement (A.Ch) et de la Coalition de la Gauche congolaise, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, relancer un tel débat dans un contexte où une partie du pays est occupée par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda constitue une preuve d’absence d’alignement des priorités par le régime Tshisekedi. L'ancien premier vice-président de l'Assemblée nationale y voit aussi une "manœuvre" visant à retarder la convocation et la tenue du dialogue national inclusif, tant réclamé par une bonne frange de la classe sociopolitique congolaise.

" Relancer le faux débat sur le changement de la Constitution pour détourner l’attention des vrais problèmes du pays et repousser le dialogue politique inclusif, pendant que nos compatriotes meurent dans une guerre injuste, est moralement inacceptable et politiquement irresponsable. Ceux qui retardent ce dialogue porteront la responsabilité historique de n’avoir pas agi à temps pour arrêter les massacres dans l’Est de notre pays et celle de la complicité dans l’occupation de notre pays par le Rwanda. Nous tenons à rappeler à notre peuple que, pendant que ce débat irresponsable se tient au sommet de l’État, une partie du territoire national connaît une annexion de fait par le Rwanda. Pathétique ! ", a-t-il réagi sur son compte X. 

Après sa sortie médiatique s’opposant à des avis émergents dans l'environnement sociopolitique congolais ou dans sa propre famille politique, l’idée de réviser/changer la constitution, que défend l’Union sacrée et le président Tshisekedi, le deuxième vice-président du sénat, Modeste Bahati Lukwebo, est visé par une pétition au sénat à la veille de la rentrée parlementaire de session de Mars 2026. 

L’initiative est du sénateur Dany Kabongo Bondanya. Joint au téléphone par ACTUALITE.CD, il juge " pas du tout corrects " les propos de Bahati Lukwebo, qu’il présente comme " un manque de respect "au président de la République, eu égard au poste qu’il occupe au sein du bureau de la chambre haute du parlement et au sein de l’Union sacrée de la nation.

Au lendemain de sa réélection à la tête du pays pour un second mandat, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, ainsi qu’une bonne partie des membres de sa famille politique, ont soutenu l’idée de retoucher la Constitution. Le Président de la République n’avait pas exclu l’option d’interroger la population, c’est-à-dire d’organiser un référendum, afin de décider du maintien ou non de cette loi fondamentale. Toutefois, ce projet a été retardé en raison de la résurgence des violences liées à l’activisme de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et qui contrôle de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Malgré cette accalmie relative, l’opposition politique a toujours soupçonné et accusé le régime Tshisekedi de ne pas avoir abandonné son projet. Elle continue d’alerter sur les conséquences d’une telle démarche pour la vie de la nation, dans un contexte de crise sécuritaire persistante.

Clément MUAMBA