Ficra 3 : cinq jours de création et de rencontres pour faire dialoguer les cultures et les arts

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Le ballet national en prestation au Ficra 3

La 3e édition du Festival international des créations et des rencontres artistiques (FICRA) a ouvert ses portes, confirmant dès la première journée sa vocation de carrefour des arts vivants. Jusqu’au 28 février 2026, la capitale congolaise accueille une programmation dense dédiée au dialogue culturel et à la cohésion sociale. Trois spectacles sont prévus chaque soirée jusqu’au dernier jours.

Organisé par la Compagnie Yampa Creation, en collaboration avec le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, le festival se déroule du 24 au 28 février au Centre Wallonie-Bruxelles. Au programme, des spectacles, conférences, ateliers, rencontres professionnelles, expositions, concours inter scolaires, etc.

Placée sous le thème « La diversité culturelle par les arts pour la paix », cette nouvelle édition entend promouvoir la rencontre des disciplines et des sensibilités artistiques. Théâtre, conte, danse, musique, slam et performances interdisciplinaires rythment ces journées dédiées à la création contemporaine.

Une performance introspective pour commencer

La première soirée a été portée par la prestation de l’artiste Mwalu Mwela, qui a présenté un spectacle expérimental mêlant musique, théâtre et danse. Du haut de ses deux décennies d’expérience dans le théâtre, il a dévoilé un projet intitulé Ma discographie cachée, construit autour d’un travail d’improvisation narrative inspiré des musiques congolaises et internationales qui ont marqué son parcours personnel.

« Je suis parti sur un projet que j’ai appelé ma discographie cachée. Je voulais faire écouter au public toute la musique congolaise et internationale que j’ai beaucoup écoutée et aimée durant des années. Grâce à cette discographie, je me suis lancé dans un exercice que j’affectionne particulièrement : improviser une histoire autour de cette musique », a-t-il expliqué à l’issue de sa prestation.

La performance propose une lecture introspective du parcours d’un jeune garçon ayant grandi à Kinshasa, confronté à la pression d’un environnement familial religieux rejetant la musique dite mondaine. Sur scène, l’artiste explore la dimension psychanalytique de cette trajectoire intime.

« C’est l’histoire d’un jeune qui vivait sa vie musicale en secret pour se protéger de ses parents. Pourtant, cette musique le nourrissait, l’ouvrait au monde et participait à sa construction personnelle », a-t-il poursuivi.

Par cette approche hybride, Mwalu Mwela revendique une forme artistique libre, à la croisée des disciplines, où narration, mouvement et son s’entrelacent pour produire une expérience immersive.

Après le théâtre, le conte a pris place sur la scène. Jules Ferry venu de Brazzaville a présenté le texte « Ceci passera » juste avant que le ballet national n’emballe le public par les sons des tam-tam et les danses traditionnelles.

Le FICRA ambitionne aussi de renforcer le rôle des arts comme vecteurs de dialogue social et de transformation culturelle. En parallèle des spectacles, la programmation comprend un atelier de jeu d’acteurs qui est notamment animé par la dramaturge et metteuse en scène belge Stéphanie Mangez.

Kuzamba Mbuangu