La cheffe par intérim de la MONUSCO à son arrivée à Goma : "J’espère que cela marque le début de la réouverture progressive de l’aéroport de Goma au bénéfice de la population"

Vivian van de Perre le12 février 2026 à Goma
Vivian van de Perre le12 février 2026 à Goma

La cheffe par intérim de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO), Vivian van de Perre, est arrivée ce jeudi 12 février 2026 à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, afin de soutenir les préparatifs liés au suivi et à la vérification d’un cessez-le-feu. Elle est arrivée par voie aérienne, une étape opérationnelle marquante après une longue interruption de l’accès aérien à la ville depuis l’occupation de Goma par la rébellion de l'AFC/M23, soutenue par le Rwanda, en janvier 2025.

Se réjouissant de fouler à nouveau le sol gomatracien par voie aérienne, Vivian van de Perre estime que cette visite marque le début progressif de l’utilisation de cette infrastructure stratégique au profit du bien-être des populations de cette région de la République démocratique du Congo.

"Dans le cadre de notre mandat et de nos efforts visant à appuyer l’opérationnalisation du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, je tiens à rappeler qu’il y a plus d’un an, le 26 janvier 2025, j’étais dans le dernier avion à atterrir à l’aéroport de Goma. Aujourd’hui, je suis dans le premier hélicoptère à y atterrir à nouveau. J’espère que cela marque le début de la réouverture progressive de l’aéroport de Goma, au bénéfice de la population", a déclaré la cheffe par intérim de la MONUSCO devant la presse.

Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité, la MONUSCO est mandatée pour soutenir un cessez-le-feu permanent, notamment à travers sa participation et son appui au Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (MCVE+). Elle a révélé que dans les prochains jours, la MONUSCO déploiera une première mission de reconnaissance aérienne à Uvira, ville récemment libérée par la rébellion dans la province du Sud-Kivu

"Ma visite vise à échanger avec les interlocuteurs concernés et à faire avancer les préparatifs concrets : procédures de vérification, coordination, communication ainsi que les conditions pratiques nécessaires au fonctionnement crédible du mécanisme. La MONUSCO continuera d’appuyer le processus de paix en cours", a-t-elle rassuré dans sa déclaration.

Par ailleurs, la cheffe par intérim de la MONUSCO, a affirmé que l'appui au cessez-le-feu se fera de manière progressive, en fonction des arrangements confirmés dans l’architecture convenue et des garanties de sécurité pour le personnel et les moyens des Nations unies.

"Notre action restera strictement inscrite dans le cadre du mandat du Conseil de sécurité et dans le plein respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo", a souligné la cheffe par intérim de la MONUSCO.

Depuis l’occupation de la ville de Goma, fin janvier 2025, par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, l’aéroport international de Goma, tout comme celui de Kavumu à Bukavu (Sud-Kivu), n’est plus opérationnel. Malgré de nombreux appels pressants en faveur de leur réouverture afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, aucune avancée concrète n’avait été enregistrée jusqu’ici.

Pourtant, à l’issue du sommet sur la région des Grands Lacs, organisé à Paris par la France et le Togo, qui avait recommandé la réouverture progressive de cette infrastructure stratégique, la situation demeure inchangée. La réouverture de l’aéroport international de Goma reste bloquée par la rébellion de l’AFC/M23, qui contrôle le site, en dépit des appels de la communauté internationale et des initiatives du gouvernement congolais. Le Rwanda soutient cette position, affirmant que toute réouverture ne saurait intervenir sans l’implication directe du M23.

Clément MUAMBA