Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, séjourne à Kinshasa, où elle a été reçue le lundi 2 février 2026 par son homologue congolais, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de la Francophonie et de la Diaspora, M. Crispin Mbadu. Au menu des échanges figuraient les relations bilatérales entre les deux pays ainsi que les questions liées à la Francophonie.
Cette visite à Kinshasa intervient dans un contexte où la RDC a annoncé la présentation prochaine de sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, justifiant cette démarche par sa volonté d’assumer pleinement son leadership au sein de cette organisation. La ministre française indique que son pays est ouvert à toutes les candidatures et promet de suivre tout le processus, reconnaissant la légitimité ou le droit de la RDC à vouloir jouer un rôle de premier plan au sein de l’OIF.
"La francophonie est un processus, une élection. Ce ne sont pas des pays qui se présentent, mais des candidats. La France, à ce stade, est ouverte évidemment à toutes les candidatures, les candidatures qui peuvent se faire, si je ne me trompe pas, jusqu’au 15 mai. Nous serons évidemment très attentifs à ce processus”, a déclaré à la presse, Éléonore Caroit tout en précisant:
“L’important pour nous, c’est que la RDC joue pleinement son rôle au sein de la francophonie. Encore une fois, nous avons beaucoup de choses à faire pour promouvoir la langue française et les valeurs qui nous unissent. Nous savons que la RDC est très attachée au multilatéralisme. Nous avons d’ailleurs discuté des résolutions au sein des Nations Unies et de l’avancée de votre place en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations Unies pour deux ans. L’OIF est aussi une institution très importante, et nous espérons que la RDC pourra y jouer aussi son rôle".
Grâce à sa jeunesse dynamique et à son poids démographique, cette officielle française a reconnu que l’avenir de l’OIF se joue aussi en République démocratique du Congo, d’où la nécessité, selon elle, d’accompagner les jeunesses africaines, en particulier celle de la RDC, et d’encourager la promotion de la langue française ainsi que des valeurs de la Francophonie.
"Aujourd’hui, l’Afrique, et la RDC en particulier, étant un pays immense, nous avons abordé le recensement, qui est important pour savoir combien de locuteurs de français il y a aujourd’hui en RDC, car nous n’avons pas de chiffres précis. Mais une chose est sûre : avec votre démographie et tous les locuteurs de français présents aujourd’hui, la RDC est un acteur essentiel de la francophonie. Aujourd’hui, il y a 320 millions de locuteurs de français à travers le monde. Nous estimons qu’en 2050, il y en aura environ 700 millions. Cette croissance sera essentiellement africaine. Pour nous, il est donc essentiel d’accompagner les jeunesses africaines, la jeunesse de la RDC, et d’encourager la promotion de la langue française et des valeurs de la francophonie dans ce pays partenaire et ami", à souligné la ministre française.
Une nouvelle bataille diplomatique se profile entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Si ces tensions se sont jusqu’ici principalement manifestées dans le domaine sécuritaire, elles devraient cette fois se déplacer sur le terrain diplomatique, à l’occasion du Sommet de la Francophonie prévu au Cambodge les 15 et 16 novembre 2026. Ce rendez-vous offrira aux États et gouvernements membres l’opportunité de désigner la personnalité appelée à diriger l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Par cette décision et sans le dire ouvertement, la République démocratique du Congo s’inscrit dans une logique visant à contrer un éventuel troisième mandat de l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale de l’OIF, dont la candidature pour un nouveau mandat a été annoncée par le gouvernement rwandais. Avec cette déclaration officielle de Kinshasa, il ne reste plus à la RDC qu’à dévoiler l’identité de son candidat, attendue d’ici le mois de juin de l’année en cours, période fixée pour le dépôt des candidatures.
Clément MUAMBA