Caractérisée par l’exportation de matières premières brutes, notamment le cuivre et le cobalt, et par une forte dépendance aux importations de produits finis, l’économie de la République démocratique du Congo (RDC) demeure largement extravertie. Ce modèle, tributaire des cours mondiaux et des marchés étrangers, rend, selon plusieurs économistes et institutions internationales, le pays vulnérable aux chocs extérieurs, en dépit de sa résilience.
Invité à la réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 30 janvier, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) , André Wameso, a rappelé au gouvernement l’urgence d’accélérer la diversification de la base productive. Cette diversification aurait également pour avantage de contribuer à la stabilité du taux de change. Il a, en outre, insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les politiques monétaire et budgétaire.
"En rythme hebdomadaire, les cours mondiaux des principaux produits de base intéressant l'économie congolaise se sont globalement bien comportés. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo a réitéré ses recommandations pour le maintien d'une coordination étroite entre les politiques monétaires et budgétaires afin de préserver la stabilité macroéconomique et le pouvoir d'achat intérieur et l'accélération du processus de mise en œuvre des réformes structurelles visant à diversifier la base productive", rapporte le compte rendu de la réunion.
Brossant les derniers développements de la conjoncture économique du pays, le numéro un de la BCC a indiqué que le contexte économique intérieur a été marqué par une stabilité du rythme hebdomadaire de formation des prix, tandis que le marché des changes a affiché des évolutions contrastées entre le cours indicatif et le cours parallèle.
"Au cours de la quatrième semaine de janvier 2026, le taux d'inflation hebdomadaire s'est établi à 0,16% contre 0,15% la semaine précédente, portant les cumuls annuels à 0,83%. En glissement annuel, le taux d'inflation s'est établi à 2,29% contre 11,7% à la période correspondante de 2025", précise le compte rendu.
Poursuivant son intervention devant les membres du gouvernement, selon le compte rendu de la réunion, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a indiqué que sur les marchés des changes, le franc congolais a montré un comportement globalement satisfaisant. Par rapport à fin décembre 2025, il a enregistré une légère dépréciation sur le marché indicatif et une appréciation sur le marché parallèle.
Pour l’année 2026, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo (BCC) projette une évolution maîtrisée du rythme de formation des prix au cours des douze prochains mois, dans un contexte de stabilisation du taux de change et de maintien d’une croissance économique robuste. Selon le communiqué final, l’économie devrait bénéficier de l’évolution favorable des cours des métaux, notamment le cuivre et le cobalt, tout en continuant à subir les effets des tensions géopolitiques mondiales et des barrières tarifaires. Sur le plan national, une atténuation des conflits dans la partie Est du pays est envisagée, en lien avec les engagements pris par les différentes parties.
Au regard de ces perspectives, le Comité de politique monétaire a décidé de poursuivre l’assouplissement de la politique monétaire amorcé au dernier trimestre 2025. Ainsi, le taux directeur passe de 17,5 % à 15,0 %, soit une réduction de 250 points de base, tandis que le taux des facilités de prêt marginal passe de 21,5 % à 19,0 %. Les autres instruments de politique monétaire, notamment les coefficients de la réserve obligatoire, demeurent inchangés : 10,5 % pour les dépôts à vue et 0,0 % pour les dépôts à terme en monnaie nationale, ainsi que 11,5 % et 10,5 % respectivement pour les dépôts à vue et à terme en devises.
Par ailleurs, le Comité de politique monétaire réaffirme son engagement à assurer un suivi rigoureux de l’évolution de la conjoncture économique, tant interne qu’externe, ainsi que de la liquidité au sein de l’économie, et se tient prêt à ajuster ses instruments si les conditions l’exigent.
Clément MUAMBA