Des centaines d’habitants des villages de Musenge et de Mavwe Mavwe, situés dans le groupement Mwenye, dans la chefferie de Baswagha (territoire de Lubero) au Nord-Kivu, ont fui leurs habitations à la suite de violentes attaques attribuées aux combattants des Allied Democratic Forces (ADF).
La première attaque a été signalée dans la nuit du 19 au 20 janvier 2026 au village de Mavwe Mavwe. Cinq personnes y ont perdu la vie et plusieurs habitations ont été réduites en cendres. Quelques jours plus tard, dans la nuit du samedi au dimanche 25 janvier 2026, le village de Musenge, dans la même chefferie de Baswagha, a également été attaqué. Selon les forces vives locales, au moins 25 civils ont été tués, 63 maisons incendiées, deux motos brûlées et une personne grièvement blessée.
Face à cette situation, les populations affectées se déplacent vers des zones jugées plus sécurisées. Ce lundi 26 janvier, plusieurs déplacés ont été aperçus sur la route, certains se dirigeant vers le village de Masoya et Mwenye centre, tandis que d’autres ont pris la direction de la ville de Butembo.
Malgré la présence des forces de sécurité dans la région, ces habitants préfèrent abandonner leurs maisons, par crainte de nouvelles attaques.
Dans le groupement Mwenye, le président de la jeunesse, Prince Kasyano, indique que les opérations militaires conjointes FARDC-UPDF sont concentrées dans la partie sud du territoire de Lubero depuis le mois de juin dernier, laissant le « triangle de la mort » comme zone de retranchement des combattants ADF, d’où ils mèneraient des attaques contre les civils. Le conseil local de la jeunesse du groupement Mwenye appelle les autorités provinciales et les services de sécurité à prendre des mesures urgentes pour assurer la protection de la population.
« Il y a un déplacement massif de la population. Ceux qui se trouvent à Musenge et Mavwe Mavwe commencent déjà à se rendre à Masoya et Mwenye centre et d'autres se dirigent vers Butembo. Quant au village de Musenge, où un carnage a eu lieu, la population n’y a pas passé la nuit. C’est le tout premier massacre, et cela nous a profondément effrayés. Cela sème la terreur parmi la population. Nous, la jeunesse du groupement Mwenye, sommes en train de dénoncer ce qui se passe ici, chez nous, dans le groupement Mwenye, et surtout le silence complice de nos autorités », a-t-il confié à ACTUALITÉ.CD.
Les faits ont été confirmés par l’administrateur militaire du territoire de Lubero, le colonel Kiwewa Mitela Alain. Il a indiqué que depuis la nuit du 24 janvier 2026, les ADF ont mené une attaque meurtrière contre le village de Musenge, incendiant presque tout le village, un centre de santé ainsi qu’une église catholique. Deux militaires ont été retrouvés calcinés. Une grande partie de la population locale est en déplacement vers la ville de Butembo, située à environ 30 kilomètres. Le bilan reste provisoire en attendant les données globales des équipes sécuritaires congolaises et ougandaises déployées dans la zone.
"C'est depuis la nuit du 24 janvier dernier que les ADF ont meurtri la population du village de Musenge en territoire de Lubero, où ils ont incendié plusieurs maisons (presque tout le village), un centre de santé et une église catholique. Pour l'instant nous déplorons la mort de 2 militaires calcinés. Une majeure partie de la population locale est en train de se déplacer pour la ville de Butembo, située à au moins 30 kilomètres. Le bilan actuel n'est que provisoire. Nous attendons les autres données de l'équipe sécuritaire des armées congolaise et ougandaise qui se sont déployées dans cette zone pour avoir un bilan global", a-t-il fait savoir.
Par ailleurs, à la suite de ces récentes attaques, cinq structures sanitaires ont fermé leurs portes dans le groupement Mwenye. Il s’agit des centres de santé de Mausa, Pombi, Mandelya, Musenge, ainsi que du centre de santé de référence de Masoya. Plusieurs postes de santé ont également cessé leurs activités. Le centre de santé de référence de Masoya, chef-lieu du groupement Mwenye, est fermé depuis environ une semaine en raison de la persistance de l’insécurité marquée par les tueries de civils attribuées aux rebelles ADF.
Josué Mutanava