Le Forum des Organisations Non Gouvernementales Internationales (FONGI) en République démocratique du Congo exprime sa plus profonde consternation et indignation, et condamne fermement les frappes de drones menées le 11 mars sur la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, ayant ayant tué une agente de l’UNICEF ainsi que d’autres victimes potentielles dans une zone résidentielle où vivent de nombreux travailleurs humanitaires et acteurs de la solidarité internationale.
Dans un communiqué ce jeudi 12 mars, le Forum note que cette attaque s’inscrit dans le cadre d’une escalade des violences et du conflit qui touchent les populations civiles et exposent toujours davantage les travailleurs humanitaires dans l’est de la RDC.
"Le Forum des ONGI en RDC : Dénonce l’attaque ayant coûté la vie à une travailleuse humanitaire et, plus largement, toute forme de violence visant les civils ou les travailleurs humanitaires ; Rappelle le caractère civil et protégé des installations humanitaires et l’obligation stricte de ne pas les cibler ; Exhorte toutes les parties au conflit à respecter pleinement le DIH, à protéger les civils et à garantir un accès sûr et sans entrave à l’aide humanitaire. Nous exhortons la communauté internationale et l’ensemble des parties prenantes à condamner fermement ces violations et prendre des mesures urgentes pour prévenir de tels incidents", lit-on dans le communiqué.
L’organisation rappelle qu’en 2025, 13 humanitaires ont été tués dans cette région, contre 9 en 2024. Au total, 626 incidents sécuritaires les visant ont été recensés en 2025, contre 428 l’année précédente (OCHA 2025 ; OCHA 2024). En janvier 2026, le bureau de l’ONG internationale War Child à Masisi, dans la province du Nord-Kivu, avait déjà subi d’importants dégâts à la suite d’une attaque aérienne dans la zone.
Le Forum des Organisations Non Gouvernementales Internationales en République démocratique du Congo rappelle que les travailleurs humanitaires et leurs installations sont des personnes et des biens strictement civils. Ils ne doivent jamais être ciblés, conformément au Droit international humanitaire (DIH).
Selon l’organisation, les humanitaires œuvrent exclusivement à sauver des vies et à répondre aux besoins des communautés affectées, précisant que toute attaque les visant compromet gravement l’accès à une aide vitale pour les populations. Leur sécurité, ainsi que celle des communautés qu’ils soutiennent, doit être garantie sans condition.
"Le FONGI réaffirme également que la protection des civils demeure une obligation absolue pour toutes les parties au conflit. Les frappes aériennes, y compris de drones, dans des zones habitées ou à proximité d’infrastructures civiles constituent une menace directe pour la population et enfreignent les principes fondamentaux du DIH. Les civils, y compris les humanitaires, ne doivent jamais être ciblés, ni victimes de dommages collatéraux ; ce qui devrait être priorisé par l’ensemble des acteurs dans le cadre de leurs actions et prises de décisions", ajoute le communiqué.
Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. Après une longue période de silence, le gouvernement congolais a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville de Goma, dans l’est du pays, qui ont fait plusieurs victimes, dont une employée de l’UNICEF. Pour l’AFC/M23, Kinshasa serait derrière ces attaques.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la RDC. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est du pays en janvier 2026, contre 48 incidents en décembre 2025.
Sur le plan diplomatique, les initiatives, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain. Dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, et de violences sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, la situation humanitaire et sécuritaire demeure précaire et préoccupante, aggravée par le soutien présumé du Rwanda à l’AFC/M23.
Clément MUAMBA