RDC : le Forum Citoyen dénonce le rétrécissement de l’espace civique et politique

Militaires et policiers déployés pour réprimer la marche de l'opposition à Kinshasa
Militaires et policiers déployés pour réprimer la marche de l'opposition à Kinshasa

Dans une déclaration rendue publique le lundi 19 janvier à Kinshasa, le Forum Citoyen RDC, une organisation de la société civile dénonce une série d’atteintes aux droits et libertés fondamentaux visant des acteurs de l’opposition, des journalistes et des militants associatifs.

Selon le Forum Citoyen, ces atteintes se traduisent notamment par des arrestations, des enlèvements présumés et des formes de harcèlement judiciaire. L’organisation cite, entre autres, le cas du journaliste Stéphane Shisso Katanga, ainsi que ceux des opposants Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku, Jacky Ndala, Jonathan Onokomba et Parole Kamizelo. Elle évoque également l’acharnement judiciaire contre Florimond Muteba, président du conseil d’administration de l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), ainsi que l’interpellation de Valéry Madianga, coordonnateur du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL), à l’aéroport international de Ndjili.

Dans sa déclaration, l’organisation revient aussi sur l’étouffement de la marche de l’Alliance pour le changement (A.Ch) de l’opposant Jean-Marc Kabund, le 15 décembre 2025, ainsi que sur l’interdiction de la conférence-débat prévue par Martin Fayulu le 21 décembre 2025 à Kinshasa.

Pour la structure, ces faits s’inscrivent dans une tendance persistante du régime du président Félix Tshisekedi à réduire au silence l’opposition, la société civile et la presse indépendante. Une situation qui, selon elle, constitue une menace grave pour la démocratie et l’État de droit, tout en violant les articles 22, 23, 25 et 26 de la Constitution congolaise relatifs aux libertés d’expression, de réunion et de manifestation.

Le Forum Citoyen rappelle que la RDC a fait, depuis la Conférence nationale souveraine de 1990, le choix irréversible de la démocratie, du pluralisme politique et de l’indépendance de la société civile et de la presse. Il estime que toute tentative d’imposer une gouvernance autoritaire fondée sur la pensée unique ne saurait être tolérée, particulièrement dans un contexte de crise politique et sécuritaire nécessitant une décrispation nationale.

À cet effet, l’organisation lance un appel solennel au chef de l’État afin qu’il ordonne la cessation immédiate des pratiques qu’elle juge contraires à la Constitution et à l’État de droit, la libération des prisonniers d’opinion et l’ouverture de l’espace civique et politique. Elle estime que ces pratiques nuisent à l’image du pays, fragilisent les efforts de résolution pacifique de la crise sécuritaire et affaiblissent la mobilisation nationale face à l’agression rwandaise.

Elle exhorte aussi les acteurs politiques, les journalistes et les organisations de la société civile à ne pas céder à la résignation et à défendre les valeurs démocratiques dans le respect des lois de la République. Elle interpelle également la communauté internationale, l’invitant à ne plus fermer les yeux sur les violations des droits humains en RDC, rappelant que la présence du pays au Conseil des droits de l’homme et au Conseil de sécurité des Nations unies implique un devoir d’exemplarité.

Nancy Clémence Tshimueneka